
Législatives palestiniennes
Nouvelles
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Des centaines de sympathisants du groupe radical Hamas ont occupé jeudi le siège du Parlement palestinien à Ramallah pour célébrer la victoire du mouvement aux élections législatives de mercredi auxquelles il participait pour la première fois.
Ils ont même enlevé le drapeau palestinien du toit du bâtiment pour hisser la bannière verte du Hamas, provoquant une échauffourée avec des militants du Fatah qui a fait deux blessés. La police palestinienne a tiré en l'air pour les sortir des lieux.
Selon les résultats définitifs du scrutin, le mouvement islamiste qui prône la lutte armée a remporté 76 des 132 sièges du Parlement, aux dépens du Fatah du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui en a obtenu 43.
![]() Le premier ministre sortant Ahmed Qoreï |
Le président Abbas a accepté la démission du premier ministre Ahmad Qoreï pour que le Hamas puisse former un gouvernement. Selon le négociateur palestinien en chef, Saëb Erakat, M. Abbas a par ailleurs décliné l'invitation du Hamas à travailler avec le Fatah et a indiqué que le parti ne participera pas au nouveau Cabinet.
Plus tôt jeudi, le Hamas avait indiqué qu'il allait entamer des consultations avec le président Abbas en vue d'un partenariat politique avec le Fatah. Le chef de la liste du Hamas aux élections, Ismaïl Haniyeh, a également indiqué qu'il souhaitait aussi oeuvrer avec le Djihad islamique, le Front populaire de libération de Palestine (FPLP), le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) et les groupes armés.
Les raisons d'une défaite
Selon des analystes, la défaite du Fatah est due à son impuissance à assurer la paix et la sécurité aux Palestiniens, alors qu'il contrôlait toutes les institutions palestiniennes depuis la création de l'Autorité palestinienne, en 1994. Le mouvement est également usé par le pouvoir, divisé par des luttes intestines et éclaboussé par les scandales de corruption au moment où la pauvreté et le chômage explosent.
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De son côté, le Hamas bénéficie d'une grande popularité auprès des électeurs, en raison de sa forte implication sociale et caritative auprès de la population et d'un programme axé sur la lutte contre la corruption.
Acronyme en arabe de Mouvement de la Résistance islamique, le Hamas est dirigé par Ismaïl Haniyeh, considéré par les militants comme un « pragmatique » et un « homme d'ouverture », et par Mahmoud Zahar, vu comme un « faucon ».
Son accession au gouvernement ne devrait pas entraîner l'éviction du président Mahmoud Abbas. Mais le président de l'Autorité a déjà laissé entendre qu'il pourrait renoncer au pouvoir s'il n'était pas en mesure de poursuivre une politique de paix.
Le président Abbas tenait à organiser ces élections contre vents et marées, espérant que l'entrée du Hamas au Parlement allait hâter la mue politique du mouvement et son désarmement, conformément aux exigences de la Feuille de route vers la paix.
Israël prépare sa réponse
La victoire du Hamas vient sérieusement compromettre la perspective d'un règlement négocié avec Israël. Le mouvement radical, dont la charte prône la destruction d'Israël, et qui refuse de déposer les armes, n'a jamais reconnu les accords d'Oslo conclus avec l'État hébreu. Il est responsable d'une soixantaine d'attentats depuis le début de la seconde Intifada en 2000.
En Israël, où on avait déclaré à l'avance qu'il n'était pas question de négocier avec le Hamas, le premier ministre israélien par intérim, Ehud Olmert, a convoqué une réunion d'urgence pour discuter des répercussions de cette victoire.
Des commentateurs arabes estiment qu'Israël et les États-Unis finiront par s'adapter à la nouvelle réalité politique palestinienne. Ils croient aussi que l'arrivée du Hamas au gouvernement pourrait le conduire à modérer son discours pour composer avec les autres factions palestiniennes et à réviser son objectif d'établir un État islamique.
Des élections dans le calme
Quelque 1,35 million de Palestiniens étaient appelés à voter mercredi, en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est, pour élire le second parlement de leur histoire. Plus de 77 % des électeurs inscrits ont participé à ces législatives, les premières depuis 1996.
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Le scrutin s'est déroulé dans le calme, alors que les principaux groupes armés s'étaient engagés à ne pas perturber la consultation.
Plus de 400 candidats appartenant à 11 listes étaient en lice pour ces législatives. La moitié des 132 députés du Parlement sont élus au scrutin majoritaire uninominal dans les circonscriptions, et l'autre moitié à la proportionnelle par listes.
Les observateurs américains, dirigés par l'ancien président démocrate Jimmy Carter, et qui faisaient partie d'une mission de 900 observateurs étrangers, ont estimé jeudi que le processus avait été bien administré, « en dépit des difficultés représentées par la poursuite du conflit et l'occupation ».
Le Belge Herman Van Rompuy devient président de l'UE et la Britannique Catherine Ashton Haut représentant aux affaires étrangères.
Graphique interactif sur cet airbus dont le vol inaugural joint Paris à New-York.