Google se censure

Google, Mountainview en Californie   © AFP/Paul Morris

Le géant américain de l'Internet Google a accepté de censurer la version chinoise de son moteur de recherche pour être en mesure de l'exporter. Google a supprimé certains résultats de recherche pour se conformer à la législation chinoise.

Le géant américain supprime des résultats de la version chinoise de son moteur recherche pour percer un marché de quelque 111 millions d'internautes. Ses concurrents Yahoo! et Microsoft se sont déjà pliés aux exigences de Pékin.

Ainsi, les liens menant vers des sites sur les droits de l'homme, le Tibet, Taïwan et d'autres sujets politiquement délicats pour Pékin sont filtrés. Les liens proposés, après des recherches sur des sujets comme la « démocratie » ou le mouvement Falun Gong, sont essentiellement tirés de sites officiels du gouvernement chinois.

Ce compromis de Google lui permet de se rapprocher des 111 millions d'internautes en 2005. Les dirigeants de l'entreprise se défendent en précisant qu'ils doivent respecter les législations locales pour accéder à ces marchés. Les concurrents de Google, Yahoo ! et Microsoft, se sont déjà installés en Chine en se pliant à cette exigence.

L'acceptation des conditions de la Chine par Google a été dénoncée par l'organisme de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontière, qui déplore ce « jour noir pour la liberté d'expression en Chine ».

Contradiction?

Cette annonce survient après que Google se fut opposé aux requêtes du département américain de la Justice, qui lui demandait de fournir une liste de 1 million de sites visités au moyen de son moteur de recherche. La requête du gouvernement américain était faite dans le but de lutter contre la pornographie infantile dans le cadre d'une loi fédérale de 1998.

Cette loi est dénoncée par les défenseurs des libertés publiques, parce qu'elle est contraire au premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression. « Cela peut paraître contradictoire de ne pas donner des informations ici, et d'accepter la censure là-bas », remarque un analyste chez Jupiter research, Joe Wilcox. « Mais au final, dans ces deux dossiers, tout est question d'affaires. »

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