Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mercredi 18 janvier 2006 à 16 h 21
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Côte d'Ivoire

Le président lance un appel au calme

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo (archives)

En Côte d'Ivoire, le président Laurent Gbagbo a appelé mercredi soir ses partisans à mettre fin aux violentes manifestations qui secouent le pays depuis trois jours.

« Le président demande à la population de se retirer des rues et de rentrer chez elle », et appelle les travailleurs à « retourner au travail dès demain [jeudi] », selon un communiqué lu à la radio-télévision d'État.

Mercredi, au moins quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre partisans du président Gbagbo et Casques bleus bangladais, dans l'ouest du pays. Les membres de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) ont dû être évacués sous escorte de l'armée ivoirienne dans les villes de Guiglo et Duékoué.

Manifestations à Abidjan

Photo: AFP/KAMBOU SIA

Dans la capitale économique Abidjan, les Jeunes patriotes favorables au président Gbagbo ont bloqué les grandes artères et assiégé les symboles de la présence étrangère, dont l'ambassade de France.

Les Casques bleus ont dû tirer en l'air et lancer des grenades lacrymogènes pour contenir de 2000 à 3000 personnes qui menaçaient d'investir le siège de l'ONUCI.

L'activité économique est paralysée, la plupart des commerces et des banques étant fermés. Les manifestations sont officiellement interdites, mais les forces de l'ordre sont remarquablement passives depuis trois jours.

L'événement qui a mis le feu aux poudres est la décision du Groupe de travail international (GTI), chargé de suivre le processus de paix, de ne pas prolonger le mandat de l'Assemblée nationale, échu depuis décembre. Le conseil constitutionnel ivoirien avait, au contraire, autorisé le Parlement à poursuivre ses travaux.

Les manifestants considèrent qu'il s'agit d'une « atteinte à la souveraineté nationale », et réclament le départ des 10 000 Casques bleus et militaires français stationnés au pays.

L'ONU veut prendre des mesures

Des membres du Conseil de sécurité estiment qu'il est temps d'imposer des sanctions aux dirigeants du gouvernement ivoirien et aux rebelles qui bloquent le processus de paix.

En novembre 2004, le Conseil avait autorisé l'adoption de sanctions, notamment des interdictions de voyager et des gels d'avoirs. Mais ces sanctions n'avaient encore été appliquées à personne, par souci de préserver les efforts de paix.

Charles Konan Banny

Photo: AFP/KAMBOU SIA

Charles Konan Banny, le premier ministre par intérim

Jeudi, le Conseil devrait tenir sa deuxième réunion consacrée à la Côte d'Ivoire depuis une semaine. Des diplomates ont indiqué qu'un communiqué donnant son feu vert à des sanctions sera alors vraisemblablement publié.

Le secrétaire général, Kofi Annan, a condamné avec force « la violence orchestrée et dirigée contre les Nations unies » ainsi que « la passivité de certaines autorités nationales ».

En octobre 2005, le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé le mandat du président Gbagbo « pour une période n'excédant pas 12 mois », soit jusqu'au 31 octobre 2006 au plus tard.

Le 4 décembre, il a nommé Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), premier ministre par intérim.


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