Le Chili reste sur la liste des pays d'Amérique latine qui ont choisi de confier leur destinée à des politiciens de la gauche et, pour la première fois de son histoire, à une femme.
La socialiste Michelle Bachelet récolte plus de 53 % des voix au deuxième tour de l'élection présidentielle. Son opposant Sebastian Pinera lui concède la victoire.
Michelle Bachelet, candidate issue de la coalition de centre-gauche au pouvoir depuis 16 ans, a remporté comme prévu, dimanche, l'élection présidentielle. Elle a récolté plus de 53 % des voix au second tour, conformément aux prédictions d'un sondage publié jeudi.
Son principal adversaire, l'entrepreneur de droite Sebastian Pinera, a récolté pour sa part près de 47 % des voix. Il a immédiatement concédé la victoire à Mme Bachelet, qu'il a félicitée en lui souhaitant « le plus grand succès possible ».
Festivités autour de la vitoire de la candidate socialiste
Au premier tour de l'élection, en décembre, Mme Bachelet avait obtenu 46 % des voix, loin devant son plus proche adversaire. Le total des voix données à la droite était toutefois supérieur, avec 25 % pour M. Pinera et 23 % pour l'ultraconservateur Joaquin Lavin. Ce dernier a immédiatement apporté son soutien à l'homme d'affaires.
Plus de huit millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir à qui ils confiaient la présidence du pays pour les quatre années à venir.
Portrait d'une première présidente
La nouvelle présidente élue est socialiste, pédiatre, mère célibataire et agnostique. Elle ironise souvent sur son passé de figure de proue féministe.
Elle a occupé les portefeuilles de la Santé et de la Défense dans le gouvernement du président sortant, Ricardo Lagos.
L'ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet
Mme Bachelet a été emprisonnée et torturée sous le régime du dictateur de droite Augusto Pinochet, au pouvoir de 1973 à 1990.
Son père, un général de l'armée chilienne, a été tué sous la dictature.
L'ancien dictateur, toujours en vie et ne jouissant plus de l'immunité qui lui permettait d'éviter de faire face à la justice, est aujourd'hui au centre de quatre procès, dont trois pour des assassinats d'opposants à son régime.