Campagne contre le tourisme sexuel

Tourisme sexuel

Le Brésil lance une campagne pour contrer le tourisme sexuel dans huit grandes villes du pays. D'énormes affiches avertissent les touristes étrangers que le tourisme sexuel est un délit criminel qui peut mener à la prison.

Le tourisme sexuel au Brésil, en Thaïlande et aux Philippines représenterait 10 % des cas d'exploitation sexuelle d'enfants dans le monde. Les visiteurs seront prévenus que leur conduite pourrait les mener en prison.

« Exploite sexuellement un enfant et va en prison. Ici ou dans ton pays », tel est le message qui figure en anglais sur l'affiche publicitaire montrant un homme derrière les barreaux. « L'objectif principal de la campagne est de combattre la sensation d'impunité de ceux qui viennent faire du tourisme sexuel au Brésil », a déclaré le porte-parole de l'organisation non gouvernementale Visao Mundial, Marcos Dias.

La campagne de 300 000 $, lancée par l'ONG et financée par les services d'immigration américains, en collaboration avec le ministère brésilien du Tourisme, touche les villes de São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Recife, Fortaleza, Salvador, Belém et Manaus.

Des prospectus reprenant la publicité des affiches sont également distribués dans les aéroports et les hôtels.

Destination prisée

Le nord-est du pays a été reconnu par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) comme l'une des principales destinations du tourisme sexuel mondial. L'OMT estime que le tourisme sexuel au Brésil, en Thaïlande et aux Philippines représente 10 % des cas d'exploitation sexuelle d'enfants et d'adolescents dans le monde. Cette statistique cache le visage de quelque 100 000 victimes.

Le profilage du touriste sexuel de l'OMT révèle que l'individu est habituellement un Européen de 20 à 40 ans, de la classe moyenne. Les plus grands amateurs de tourisme sexuel sont des Italiens, suivis par les Portugais, les Néerlandais et les Américains.

La lutte contre ce fléau s'intensifie au Brésil, à l'approche du Carnaval de Rio, en février. Le pays s'est également doté d'un plan national de lutte contre l'exploitation sexuelle et commerciale des mineurs. Le gouvernement a créé un code de conduite pour les employés du secteur touristique.

Le code recommande aux employés des hôtels d'empêcher les touristes de faire monter des mineurs dans leur chambre. Une commission d'enquête, menée en 2004, a conclu que le tourisme sexuel florissait grâce à la complicité d'agences de voyages, de guides touristiques, d'hôtels, de bars, de restaurants, de boîtes de nuit, d'établissements de prostitution, de barmans, de portiers et de chauffeurs de taxi.

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