Abdullah Khadr restera en prison

Abdullah Khadr Abdullah Khadr

La Cour supérieure de l'Ontario a refusé d'accorder une liberté sous caution à Abdullah Khadr, un Torontois soupçonné par les États-Unis d'avoir comploté pour commettre des attentats terroristes. Le jeune homme de 24 ans, détenu depuis samedi, risque de prendre la fuite, selon le tribunal.

La Cour supérieure de l'Ontario estime qu'Abdullah Khadr pourrait prendre la fuite s'il était remis en liberté. Sa demande de liberté sous caution a donc été refusée jusqu'à son audition pour son extradition.

La justice canadienne estime qu'il pourrait prendre la fuite grâce au soutien du réseau Al-Qaïda. « Ce n'est pas une personne à qui je ferais confiance pour respecter quelque restriction que ce soit une fois sa liberté retrouvée », a indiqué la juge Anne Molloy.M. Khadr a été arrêté dans la Ville Reine en vertu d'un mandat provisoire lancé par Washington, qui demande son extradition.

L'administration américaine considère M. Khadr, fils aîné d'une famille canadienne réputée proche d'Al-Qaïda, comme un terroriste lié au réseau d'Oussama ben Laden. Elle souhaite le traduire en justice aux États-Unis, où il serait passible d'un minimum de 30 ans de prison.

Le procureur de la couronne Robin Parker a précisé que M. Khadr demeurerait sous la garde canadienne en attendant son audition pour une éventuelle extradition vers les États-Unis. « C'est une cause extraordinaire, soutient M. Parker. Les allégations sont très sérieuses. »

L'avocat de M. Khadr a confié que son client serait de retour devant la cour le 10 janvier pour une brève audition.

Les accusations de Washington

Selon les autorités américaines, Abdullah Khadr aurait acheté à l'intention du réseau terroriste Al-Qaïda des armes qui devaient servir contre les forces américaines stationnées en Afghanistan. Khadr aurait acheté pour environ 20 000 $ d'armes telles que des AK-47, des mortiers et des grenades.

Les États-Unis inculpent M. Khadr de conspiration dans le but d'assassiner des citoyens américains à l'extérieur du pays et de possession de matériel explosif.

Abdullah Khadr n'est de retour au Canada que depuis quelques jours. Il a passé plus d'un an dans une prison pakistanaise pour appartenance présumée à un réseau terroriste. Selon la GRC, c'est au cours de son séjour en prison qu'il a reconnu avoir fait ces achats et avoir été impliqué dans un complot visant à tuer le premier ministre du Pakistan.

Abdullah Khadr, qui aurait également passé deux semaines dans un camp de formation militaire d'Al-Qaïda en Afghanistan à l'âge de 13 ans, nie formellement ces accusations.

Portrait de famille

Karim Khadr Karim Khadr, à son retour au Canada (archives)

Les soupçons américains ne sont, en fait, que le plus récent événement impliquant la famille Khadr.

L'un de ses frères, Omar, est actuellement détenu à la prison militaire américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba. Il est accusé d'avoir tué un médecin militaire américain lors d'une bataille en Afghanistan.

Karim Khadr, le cadet de la famille, est pour sa part grandement handicapé depuis une fusillade, en 2003, contre les autorités pakistanaises. Son père, Ahmed Saïd Khadr, l'un des financiers présumés d'Al-Qaïda, a été tué lors de cette même fusillade. La soeur d'Abdullah Khadr, Zaynab, est aussi soupçonnée par les autorités canadiennes d'avoir commis des actes terroristes.

Abdullah Khadr aurait pour sa part passé deux semaines dans un camp de formation militaire d'Al-Qaïda en Afghanistan à l'âge de 13 ans.

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