Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mardi 8 novembre 2005 à 6 h 33
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Émeutes en France

Les préfets pourront imposer un couvre-feu

Villepin

Le premier ministre français, Dominique de Villepin, a déclaré qu'un couvre-feu serait instauré, si nécessaire, dans les banlieues en proie à des émeutes depuis 12 jours.

M. de Villepin, qui a qualifié ces violences d'« inacceptables et inexcusables », ajoute que le président Jacques Chirac a convoqué un conseil des ministres exceptionnel pour mardi matin en prévision de l'application d'un couvre-feu « partout où c'est nécessaire ».

« Les préfets pourront, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, appliquer le couvre-feu, s'ils l'estiment utile, pour permettre un retour au calme et assurer la protection des habitants », a-t-il poursuivi. Un premier maire, celui de Le Raincy dans le nord de Paris, a annoncé avoir eu recours à cette mesure lundi soir.

Crime organisé et jeunes désoeuvrés

Le premier ministre a précisé que « des réseaux criminels organisés appuient les désordres » soutenus par des « jeunes en rupture sociale ». Il demande aux parents d'intervenir pour juguler cette flambée de violence. M. de Villepin a joint à cet appel aux parents l'envoi de 1500 agents en renfort dans les zones touchées. Ils s'ajoutent 8000 représentants des forces de l'ordre déjà sur place.

En plus de ces mesures de sécurité, M. de Villepin a annoncé la restauration de la contribution financière aux associations dans les quartiers fortement touchés par le chômage. Cette contribution avait été abaissée depuis le retour de la droite au pouvoir en 2002.

Ces mesures surviennent après l'annonce par le président Jacques Chirac, dimanche, du renforcement du dispositif de sécurité dans les banlieues françaises, au terme d'une réunion d'urgence du Conseil de la sécurité intérieure.

Poursuite des violences à Paris et en province

france-fenetre

Des violences ont éclaté pour une douzième nuit consécutive dans les banlieues, dans la nuit de lundi à mardi, avec des incendies de véhicules et de bâtiments publics. Les autorités ont fait état de 1173 véhicules incendiés, de 330 interpellations et de 12 policiers blessés pour l'ensemble du territoire français.

Selon une source proche du ministre de l'Intérieur, le nombre d'incidents est stable en province, mais nettement en baisse dans la région parisienne.

Par ailleurs, un sexagénaire agressé vendredi soir en banlieue nord de Paris a succombé à ses blessures, lundi.

Jean-Jacques Le Chenadec, 60 ans, était dans le coma depuis son agression au pied de son immeuble. Il a été attaqué alors qu'il était sorti pour éteindre un feu dans une poubelle.

L'événement qui a mis le feu aux poudres

Rappelons que cette flambée de violence urbaine a éclaté le 27 octobre dernier, à Clichy-sous-Bois, dans le département de Seine-Saint-Denis, après que deux adolescents de 15 et de 17 ans eurent été électrocutés par un transformateur alors qu'ils se croyaient poursuivis par la police.

Des jeunes de l'endroit sont aussitôt descendus dans les rues, où ils ont incendié des voitures et saccagé les lieux. Les émeutes ont rapidement gagné d'autres quartiers défavorisés de la banlieue parisienne dans les nuits qui ont suivi.

Les appels au calme des politiciens et des leaders communautaires pour mettre un terme à la violence n'ont rien donné. L'Union des organisations islamiques de France a même édicté une fatwa condamnant les émeutes.

Plusieurs pays, dont les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne l'Espagne et le Canada, ont recommandé à leurs ressortissants d'être prudents s'ils se trouvent en France, première destination touristique au monde.