La Commission électorale indépendante annonce que le projet a rallié plus des trois quarts des électeurs. Trois provinces sunnites l'ont rejeté, dont deux massivement, mettant en péril son adoption.
La population de l'Irak a approuvé sa nouvelle Constitution, mais il s'en est fallu de peu pour qu'elle soit rejetée.
La Commission électorale indépendante à Bagdad a annoncé, mardi, que le oui a obtenu 78 % d'appuis à l'échelle nationale lors du référendum du 15 octobre dernier.
Le taux de participation s'est chiffré à 63 %.
Malgré un appui largement majoritaire en apparence, l'adoption du texte ne tenait qu'à un fil, puisque deux provinces à majorité sunnite, Al-Anbar et Salaheddine, l'ont rejeté à plus de 80 %.
Une troisième province sunnite, Ninive, l'a aussi rejeté, mais à 55 % seulement. Une victoire du non aux deux tiers des voix dans 3 provinces sur 18 aurait entraîné le rejet de la Constitution.
Les leaders sunnites estimaient que la nouvelle Constitution, qui instaure un système fédéral, mettait l'unité du pays en danger.
Toutefois, des changements pourront être apportés au texte à la suite des élections législatives du 15 décembre prochain. Les sunnites pourraient donc obtenir des concessions de la part des Chiites et des Kurdes sur les aspects du fédéralisme et de l'autonomie provinciale.
Les provinces chiites et kurdes ont pour leur part voté massivement en faveur du projet constitutionnel.
Allégations de fraudes
Le porte-parole de la Commission électorale, Farid Ayyar, a expliqué que le délai avant l'annonce des résultats définitifs s'expliquait par des allégations de fraudes par manipulation des résultats.
Le porte-parole de la Commission électorale, Farid Ayyar
« On peut parler d'un succès en dépit du retard pris dans l'annonce des résultats, qui ont suscité certaines interprétations, a commenté M. Ayyar. Ce référendum était destiné à mettre en place un État de droit et à prémunir l'Irak contre le pouvoir personnel, comme celui des décennies précédentes. »
Quelque 15,5 millions d'Irakiens pouvaient se prononcer sur ce texte, qui jette les bases du nouvel État irakien, fédéral et décentralisé, plus de deux ans après la chute du régime de Saddam Hussein.