Discours de Jean Charest à l'occasion du remaniement ministérielMise à jour le vendredi 18 février 2005 à 17 h 27 . Merci. Merci beaucoup. Alors, M. François Côté, secrétaire général de l'Assemblée nationale du Québec, Mmes, MM. les ministres, Mmes, MM. les députés, mesdames, messieurs. Le gouvernement que je dirige a accompli beaucoup depuis 22 mois. Nous enregistrons des progrès dans tous les domaines de l'action gouvernementale et l'économie se porte bien. Nous regardons l'avenir avec confiance, tout en sachant que nous avons encore beaucoup de travail à faire et que d'autres décisions difficiles sont encore devant nous. C'est dans ce cadre que j'ai procédé au redéploiement de mon équipe ministérielle. Il en va d'un gouvernement comme de toute autre organisation: pour atteindre les objectifs visés, il faut ajuster son équipe et imprimer un nouvel élan. Je souligne le travail acharné de tous les membres du Conseil des ministres qui, depuis avril 2003, n'ont ménagé aucun effort pour faire avancer le Québec. Je leur en suis reconnaissant. Nous faisons tous partie de la même équipe, nous sommes tous des députés, nous sommes tous des élus. Nous sommes tous associés à la réalisation de notre mandat qui consiste à recentrer l'État sur ses missions essentielles et refaire de notre État un outil de développement et de prospérité. J'exigerai de tous discipline, cohérence et solidarité dans l'action. Depuis notre élection, nous avons travaillé pour la mise en place de changements profonds dans nos façons de faire. C'est une exigence incontournable pour mieux servir les citoyens et pour relever nos défis. Plusieurs aspects de ce remaniement ministériel sont d'ailleurs inspirés des changements nécessaires à la bonne marche de l'État et à la nécessité d'innover. Nous le savons, les changements économiques caractérisés par la concurrence, par la montée des économies émergentes commandent une adaptation de nos façons de faire et un renforcement de notre capacité d'innover et d'inventer. Nous créons ainsi le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Ce ministère renouvelé sera appelé à jouer un rôle stratégique dans l'atteinte de la prospérité du Québec. Aujourd'hui, nous consacrons notre engagement dans le développement durable en élevant cette notion au rang de responsabilité ministérielle avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement, des Parcs. La mission première de ce ministère sera de préserver pour l'avenir la richesse que les ressources du Québec nous ont procurée dans le passé. Nous ne devons pas, nous n'avons pas le droit d'hypothéquer pour le futur les bienfaits qu'il offrira à ceux qui nous suivent. Je suis fier de faire cette annonce au moment même où entre en vigueur le Protocole de Kyoto. C'est un défi mondial que de réconcilier le développement économique et la création d'emplois avec la préservation de nos ressources et de notre environnement. Grâce à la création de ce ministère, le Québec sera rien de moins qu'à l'avant-poste de l'innovation et du progrès. Sa mission essentielle consistera à promouvoir le développement durable sous tous ses aspects, et à s'assurer que toutes les actions du gouvernement s'inscrivent dans ce mouvement et à encourager le développement des initiatives durables, qu'elles émanent des ministères, des entreprises, des groupes ou encore des citoyens. En regroupant les Affaires municipales et le Développement régional au sein d'un même ministère, nous envoyons un message clair sur notre volonté de poursuivre la démarche de décentralisation entamée et qui aura attendu trop longtemps au Québec. C'est une illustration de notre ambition de renouveler le partenariat entre les régions urbaines et les régions rurales, c'est le reflet de notre détermination à munir les citoyens des régions de tous les outils nécessaires à leur plein épanouissement. Les changements que j'annonce ont tous pour but de renforcer la cohérence de l'action gouvernementale. C'est ainsi que nous créons un ministère des Services gouvernementaux qui aura pour mission de piloter la poursuite de la modernisation de l'État, en association avec le ministre délégué au Développement du gouvernement en ligne. Ce ministère sera notamment responsable de la mise en oeuvre de Services Québec et du Centre des services administratifs.La modernisation de l'État est un engagement fondamental de notre gouvernement. Toujours dans cette idée de renforcer la cohésion de l'action gouvernementale, nous réunissons dans un même ministère les responsabilités de l'éducation, du sport et des loisirs. Ce regroupement répond à l'idée de l'école communautaire, un des grands consensus du Forum des générations. Il est cohérent avec le nouveau régime pédagogique qui accorde plus de temps à l'activité physique à l'école. Le Forum des générations avait par ailleurs révélé une volonté des Québécois de voir le gouvernement continuer à placer la famille au coeur de son action et de promouvoir la participation active des aînés à l'avancement du Québec. À cette fin, nous créons le ministère de la Famille, des Aînés, et de la Condition féminine. Ce ministère sera celui du mieux-être des personnes. Pour améliorer le fonctionnement du gouvernement, nous profitons de ce remaniement pour mettre sur pied un comité des priorités dont j'assumerai la présidence. Ce comité établira la priorité des initiatives, des dossiers à présenter au Conseil des ministres, il aura également pour mandat d'inscrire ces initiatives dans la vision globale de l'action gouvernementale. Tous les ministres ont besoin de l'appui et de la confiance de leurs collègues députés. Nous renforcerons les mécanismes internes de consultation et d'information du Conseil des ministres et du caucus gouvernemental. Chacun de nos députés représente un pont tendu vers nos concitoyens et leur participation au processus de décision sera accrue. En Santé, en Éducation, aux Finances, au Trésor, à la Justice, à la Solidarité sociale et à la Famille, tous, au gouvernement, doivent partager l'objectif de mieux servir les citoyens. Ils doivent tous mesurer cet objectif à l'ombre de la capacité de payer des contribuables. C'est le fil conducteur de notre action. C'est le point de rencontre entre la réalité et la responsabilité. Les changements que nous proposons interpellent la société tout entière. C'est une tâche ardue et les réactions et les oppositions qu'elle provoque parfois sont peut-être le signe que la société québécoise a trop attendu pour faire ces changements. Le gouvernement du Québec est confronté à deux défis colossaux: restaurer une marge de manoeuvre financière et affronter les changements démographiques. Nous l'avons affirmé clairement au début de notre mandat et nous en avons fait l'objet d'une vingtaine de forums régionaux, également du Forum des générations auquel ont participé les principaux leaders du Québec. Les conséquences de ces deux défis auront une influence majeure sur nos choix. Vous devez, Mmes, MM. les ministres, incorporer les paramètres de ces défis dans chacune de vos décisions. Nous sommes les dépositaires de la volonté des citoyens du Québec de préserver les choix que nous avons faits par le passé: notre système de santé, notre système d'éducation, nos services de garde, nos programmes d'aide aux plus démunis. Nous exigeons déjà des contribuables un effort financier considérable non seulement pour maintenir ces services, mais aussi pour assurer leur qualité et rémunérer les hommes et les femmes qui ont pour mission de les livrer. S'ajoutent à cela des besoins croissants en infrastructures et en services de proximité comme la sécurité. Dans ce contexte, les choix difficiles ne sont pas tous derrière nous. Il faut persister dans l'explication claire des enjeux, cela fait partie de votre mandat à chacun de vous, députés et ministres. Vous êtes les porteurs du projet gouvernemental. Vous devez écouter et faire en sorte que nous puissions réussir tous ensemble. Vous êtes tous porteurs du projet du Québec. Je me ferai fort dans les mois qui viennent, avec les ministres de mon cabinet, avec les députés de mon caucus, de parcourir le Québec dans toutes ses régions pour ouvrir encore plus largement le dialogue avec les citoyens. Nous prendrons tous les moyens nécessaires pour que nos choix répondent aux besoins de la population. L'avenir du Québec est prometteur, très prometteur, car je sais que nous serons capables de relever les défis que nous pose le monde actuel. Au Québec, nous avons toujours su retrousser nos manches. Nous avons préservé notre langue et notre culture contre vents et marées, nous nous sommes adaptés dans des circonstances parfois hostiles sans rien perdre de notre cohésion, nous avons créé des entreprises qui essaiment partout dans le monde. Comme premier ministre, j'ai bien l'intention d'exiger de tous les membres de mon gouvernement qu'ils se consacrent entièrement à la mission de renouveler notre force économique. Nous ne ménagerons aucun effort pour favoriser la création de richesse, l'expression de l'innovation et la réussite des Québécois partout dans le monde. C'est la seule manière de conserver notre qualité de vie. Nous avons des convictions comme gouvernement et nous avons de grandes ambitions pour le Québec. Nous aurons, dans la poursuite de notre mandat, l'audace d'affirmer nos convictions et nous aurons la détermination de réaliser nos ambitions. J'invite donc le Conseil des ministres, le caucus et tous ceux qui travaillent au sein de notre équipe à relever avec ardeur les défis qui attendent le Québec. Merci.

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