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Un procès qui coûte cher pour la BDC
Mise à jour le samedi 6 mars 2004 à 17 h 21
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La Banque de développement du Canada (BDC) a dépensé plus de quatre millions de dollars dans la bataille judiciaire qu'elle a finalement perdue contre son ancien président, François Beaudoin, selon des documents obtenus par le Globe and Mail en vertu de la loi d'accès à l'information.

François Beaudoin prétend avoir été victime d'une vendetta politique menée par l'entourage de l'ancien premier ministre Jean Chrétien.

Au total, la BDC a dépensé pour cette affaire 4 323 714 $ en honoraires d'avocats, d'experts comptables et d'enquêteurs. Les cabinets d'avocats Langlois-Kronstrvm-Desjardins et Fasken-Martineau ont reçu à eux seuls 2,6 millions de dollars. Les frais de dépenses des avocats et les honoraires des experts comptables s'élèvent pour leur part à 1,6 millions de dollars.

La BDC, qui refusait jusqu'à présent de dévoiler le montant dépensé dans cette affaire, est revenue sur sa décision vendredi. Les documents ont été rendus publics après l'intervention du Commissaire à l'information, John Reid, qui a déposé le mois dernier une requête à ce sujet devant la Cour fédérale du Canada. M. Reid avait reçu cette même demande du Globe and Mail, en avril 2001.

Plus tôt cette semaine, la ministre de l'Industrie, Lucienne Robillard, responsable de la BDC, a aussi critiqué l'institution pour son refus de rendre publiques ces informations.

Rappel des faits

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Michel Vennat (archives)
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Rappelons que le mois dernier, le juge André Denis, de la Cour supérieure du Québec, a rejeté la preuve de la BDC, critiquant sévèrement son président, Michel Vennat, pour avoir mené une campagne de salissage visant à nuire à la carrière de M. Beaudoin.

Le juge a déclaré que cette campagne s'était distinguée par sa «férocité et sa méchanceté». M. Vennat est maintenant suspendu sans solde.

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L'ancien président de la BDC, François Beaudoin (archives).
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François Beaudoin exigeait une indemnité de départ de 250 000 $ et une allocation de retraite de 200 000 $ par année. M. Beaudoin s'est dit victime d'une vendetta politique menée à cause de son refus de renouveler un prêt de 615 000 $ accordé à l'Auberge Grand-Mère, située dans la circonscription de Jean Chrétien.

Plusieurs estiment que l'ancien premier ministre, qui avait exercé des pressions sur M. Beaudoin, s'était alors placé en conflit d'intérêts. À cette époque, M. Chrétien attendait toujours le paiement des actions qu'il détenait dans le club de golf voisin de l'auberge et qu'il avait vendues en 1993.



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