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Guantanamo: plainte contre Bush rejetée
Mise à jour le mardi 20 mai 2003 à 8 h 56
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La Cour suprême des États-Unis a rejeté, lundi, une plainte déposée contre le président américain George W. Bush pour le traitement infligé aux prisonniers de Guantanamo.

Un groupe d'avocats et de défenseurs des droits de l'homme, comprenant aussi des gens d'Église, avait déposé une plainte, l'an dernier, contre le président Bush et le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, alléguant que «le gouvernent des États-Unis a violé les règles de base des droits de l'Homme en déplaçant de force les prisonniers de guerre d'Afghanistan, en les transportant jusqu'à Guantanamo, en les détenant indéfiniment dans des cages à l'air libre».

Rejetée une première fois par différentes cours fédérales sous prétexte que le groupe n'avait pas de statut légal pour représenter les prisonniers, la plainte s'est vue encore une fois déboutée, cette fois par le plus haut tribunal américain qui n'a pas émis de commentaires sur les raisons de son refus.

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Il y a quelques mois, la cour d'appel de San Francisco avait déterminé que le groupe de plaignants devait, pour prétendre les représenter légalement devant un tribunal, avoir des liens préexistants avec les prisonniers ou prouver qu'ils sont mentalement déficients.

Révélations troublantes d'un ex-détenu

La question de la santé mentale des quelque 650 prisonniers de Guantanamo a, justement, refait surface, lundi, par les révélations troublantes d'un ancien détenu de la base militaire américaine, libéré au début du mois.

Selon ce qu'a affirmé à la presse Shah Muhammad, un boulanger pakistanais de 23 ans qui a été emprisonné pendant 18 mois à Guantanamo, «la plupart d'entre eux sont dans un état mental critique et sont mentalement dérangés».

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Des prisonniers à leur arrivée à Guantanamo.
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«Avant d'embarquer à bord de l'avion, ils nous ont lié les mains et les pieds, collé du papier adhésif sur la bouche, attaché des bandeaux noirs sur les yeux et bouchés les oreilles. Nos barbes et nos cheveux avaient été tondus», a-t-il raconté avant de poursuivre en affirmant qu'«après un voyage de 18 heures dans ces conditions, nous avons été jetés dans des cages comme de vulgaires animaux».

Son séjour à Guantanamo aurait été, tout comme celui de ses codétenus, ponctué de séances de torture, Shah Muhammad soutenant que «pendant plusieurs mois, des prisonniers ont subi fréquemment des tortures. Plus tard, après l'intervention de la Croix-Rouge, les séances de torture se sont limitées aux interrogatoires, et l'interdiction de l'appel à la prière et de parler avec ses compagnons de détention a été levée».

Des groupes de défense des droits de l'Homme se sont mobilisés contre le traitement réservé par les États-Unis aux prisonniers de Guantanamo qu'ils détiennent sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre eux, leur interdisant tout contact avec l'extérieur et refusant de leur reconnaître les droits conférés aux prisonniers de guerre selon la Convention de Genève.

Après plus de 18 mois de détention, aucun des 650 prisonniers originaires de 40 pays et dont certains sont mineurs, n'a été officiellement inculpé de quoi que ce soit.



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