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Une grande famine menace encore plusieurs pays d'Afrique
Mise à jour le lundi 16 décembre 2002, 22 h 35 .
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Les Nations unies et leur Programme alimentaire mondial craignent que la faim fasse 26 millions de morts dans une dizaine de pays d'Afrique, dont le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie. Les organismes humanitaires parlent de la pire famine de la dernière décennie.

Une famine dont les causes sont multiples. On parle souvent de la sécheresse, des inondations, des conflits armés, de la pandémie du sida, des troubles politiques, de la mauvaise gestion des récoltes, autant d'éléments qui forment un cocktail mortel.

Il convient aussi de rappeler que les politiques économiques des pays africains sont conditionnées par le remboursement de leur imposante dette financière envers le Nord, ce qui détourne vers l'Occident une bonne part de l'argent qui pourrait être consacré au développement social des pays africains.

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Le siège du Fonds monétaire international, à Washington, aux États-Unis
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Sans compter que les politiques de développement prônées par l'Occident à travers les conseils du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale posent comme priorité l'établissement d'un terrain favorable aux entreprises multinationales du Nord, plutôt que la redistribution des richesses aux populations.

L'Afrique est notamment un continent extrêmement riche en ressources minières fort convoitées. Pour le moment, les institutions internationales font le pari qu'en ouvrant davantage le continent africain aux entreprises multinationales, les populations africaines finiront par en profiter.

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Une partie de l'argent que donne l'Afrique aux pays riches lui est retournée sous forme «d'aide d'urgence». L'ONU réclame justement 750 millions de dollars pour prévenir la nouvelle famine en vue. Les promesses d'aide internationale atteignent environ la moitié de cette somme.

Six pays d'Afrique australe sont particulièrement touchés :

  • Au Zimbabwe : 6,7 millions de personnes sont affectées, soit près de la moitié de la population. Dans ce pays, la politique du dictateur Robert Mugabe de redistribution des terres appartenant aux Blancs à la population noire a eu un effet direct sur la production céréalière du pays.
  • Au Malawi : le gouvernement a commis l'imprudence de vendre ses stocks de céréales l'an dernier. Résultat : la faim menace 3,2 millions de personnes.
  • Au Mozambique : deux ans d'inondations, suivis d'une sécheresse, mettent en péril la vie de plus de 500 000 individus.
  • Au Swaziland et au Lesotho : les conditions météorologiques difficiles des deux dernières années ont eu raison des récoltes. Au Lesotho, 650 000 personnes, soit le tiers de la population, auront besoin d'aide alimentaire d'ici mars prochain. Au Swaziland, ils sont 250 000, soit le quart des habitants.
  • En Zambie : 2,3 millions de personnes sont menacées de famine à cause de la sécheresse des dernières années. Le refus du gouvernement zambien d'accepter des graines génétiquement modifiées en provenance des pays occidentaux cause des problèmes pour l'aide humanitaire.


  • Dans ces six pays, un habitant sur trois est aussi soit séropositif, soit sidéen.

    Dans la corne de l'Afrique, la situation est tout aussi dramatique : l'absence de pluie a réduit à néant les récoltes des céréales. Déjà aujourd'hui, six millions d'Éthiopiens sont dépendants d'une aide alimentaire. Ce nombre devrait dépasser les 10 millions au cours des prochains mois. On parle d'un drame à la hauteur de celui de 1984, qui avait fait un million de victimes malgré la mobilisation internationale.

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    En Érythrée, le pays voisin tout aussi pauvre, la famine menace un million d'habitants, soit le tiers de la population. Le conflit frontalier qui a opposé les deux pays entre 1998 et 2000 n'a pas arrangé les choses : des terres qui auraient pu être cultivées sont restées vierges parce qu'elles étaient potentiellement minées.

    Le message des organismes humanitaires est clair : si aucune mobilisation internationale ne se fait au cours des prochains mois, ces statistiques alarmantes deviendront une réalité tragique.


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