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La base de Princess Patricia dans le deuil Mise à jour le mercredi 24 avril 2002, 17 h 24 . . Les dépouilles des quatre soldats canadiens tués par une bombe américaine en Afghanistan ont été rapatriées au Canada samedi. Une cérémonie a eu lieu à la base militaire de Trenton, en Ontario, en présence du premier ministre du Canada, Jean Chrétien.
Les quatres soldats canadiens, tués par une bombe américaine larguée accidentellement, appartenaient au régiment Princess Patricia. Ils étaient tous dans la vingtaine.
 . | Caporal Ainsworth Dyer
| Il s'agit du caporal Ainsworth Dyer, du Québec, du sergent Marc Léger, de l'Ontario, et des soldats Richard Green et Nathan Smith, tous deux de la Nouvelle-Écosse. Il s'agit des premiers Canadiens tués lors d'une opération de combat depuis la guerre de Corée (1950-1953).
 . | Sergent Marc Léger
| Les parents et collègues des victimes, appartenant tous au 3e bataillon d'infanterie légère Princess Patricia basé à Edmonton, partagent leur deuil. Six des huit autres soldats blessés ont été emmenés à la base américaine de Ramstein, en Allemagne. Leur état de santé y a été évalué et ils ont reçu divers traitements médicaux.
 . | Soldat Richard Green
| Deux d'entre eux sont blessés sérieusement et restent aux soins intensifs pour l'instant. Les soldats blessés ont été en état de recevoir la visite de la gouverneure générale et de son mari. Ces soldats faisaient partie des 800 Canadiens qui, depuis le mois de février, combattent aux côtés des Américains en Afghanistan.
 . | Soldat Nathan Smith
| La mort des quatre soldats a suscité la consternation et soulevé de nombreuses questions au pays. Le ministre de la Défense du Canada, Art Eggleton, a ordonné une enquête sur cet accident. Elle sera présidée par l'ancien chef d'état-major Maurice Baril.
Rappelons que le drame s'est produit en pleine nuit, vers deux heures du matin jeudi. Des soldats du bataillon Princess Patricia s'entraînaient comme ils le font régulièrement avec de vraies munitions sur des cibles au sol. Selon le chef d'état-major des Forces armées canadiennes, les soldats se trouvaient dans une zone d'entraînement bien connue des Américains. Pourtant, un pilote américain de chasseur F-16 qui survolait cette zone aurait, paraît-il, craint des tirs ennemis. Il a fait feu sur les Canadiens se trouvant au sol, et ce, sans avoir obtenu l'autorisation de son commandement.
«Un F-16 de la Garde nationale américaine a largué une ou deux bombes de 250 kilos sur le groupement tactique qui participait à un exercice d'entraînement à environ 14 km au sud de l'aéroport de Kandahar» (dans le sud de l'Afghanistan), a indiqué le ministère. L'erreur tragique fera l'objet d'une enquête au sein des deux armées.
Entre-temps, à Ottawa, les dirigeants politiques unissaient leurs voix pour rendre hommage aux victimes. Il s'agit d'«un terrible et tragique accident», a dit le chef d'état-major canadien, Raymond Hénault, lors d'un point de presse.
 . | Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld ainsi que le général Richard Myers, chef d'état-major inter-armées américain, ont présenté leurs regrets et exprimé leurs condoléances jeudi. Le chef d'état-major américain a qualifié d'«inconcevable» et de terrible nouvelle la mort des soldats canadiens.
«Cela a été une des pires nouvelles de ma carrière», a déclaré le général devant la presse étrangère à Washington. Quand on lui a demandé comment un exercice avait pu être organisé à balles réelles, de nuit, et dans un environnement encore hostile en Afghanistan, Richard Myers a refusé de se prononcer.
Les pilotes de la Garde nationale aérienne américaine, à laquelle appartiennent les deux pilotes de F-16 impliqués dans l'accident, sont aussi bien formés que ceux de l'US Air Force, a-t-il dit. «Que s'est-il passé? Était-ce prudent?» L'enquête le déterminera, a-t-il dit. «Elle établira ce qui s'est mal passé. Je n'en sais rien, je ne peux l'expliquer».
 . | Le président des États-Unis, George W. Bush, a pour sa part appelé le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, mercredi soir pour lui transmettre ses condoléances. Puis, vendredi, à Washington, il a exprimé publiquement ses regrets pour la mort des quatre soldats canadiens. Il a offert ses condoléances aux proches des victimes : «Je veux dire publiquement (...) à quel point je suis désolé que des soldats canadiens aient perdu la vie en Afghanistan. Cela a été un terrible accident», a déclaré M. Bush en présentant ses condoléances aux parents et familles des militaires tués. «J'aimerais pouvoir les ramener à la vie, mais c'est impossible», a-t-il ajouté.
M. Bush a également déclaré «apprécier les sacrifices consentis par les Canadiens dans la guerre contre la terreur» et il a affirmé sa volonté de voir toute la lumière faite sur cette tragédie.
Il avait déjà promis la veille dans un communiqué «d'oeuvrer de concert avec le Canada à une enquête complète et rapide pour déterminer les causes exactes» de l'accident.
Le président a fait cette déclaration lors d'un déplacement à Beltsville, dans la banlieue de Washington, où il a visité un camp d'entraînement des services chargés de la protection présidentielle.
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