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Mise à jour le jeudi 25 janvier 2001, 10 h 08 HNE.
 Le chiffon rouge provoque de vives réactions

 
Le vice-premier ministre du Québec, Bernard Landry, a présenté des excuses au sujet des propos qu'il a tenus la veille et qui ont soulevé la controverse. Mardi, au cours d'un point de presse, M. Landry avait déclaré que «le Québec ne ferait pas le trottoir pour un bout de chiffon rouge». Il faisait alors allusion aux conditions posées par Ottawa
 

Bernard Landry en point de presse, mercredi.

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  pour accorder 18 millions de dollars en subventions au Zoo et à l'Aquarium de Québec, soit le bilinguisme dans ces établissements et la présence du drapeau canadien au Zoo et à l'Aquarium pendant 40 ans.
 

  Devant le tollé provoqué par ces propos, dans la presse anglophone notamment, M. Landry a précisé mercredi matin qu'il voulait dire «agiter le chiffon rouge» pour parler de la provocation d'Ottawa, et non s'attaquer au drapeau canadien. «Je regrette que des gens soient choqués, a dit le ministre des Finances. Certaines gens sont choquées, surtout au Canada anglais, j'ai vu les manchettes. Si par cette imprécision j'ai pu choquer des gens, je m'en excuse. Mais j'étais dans une bonne foi absolue et je pensais plutôt (...aux chiffons rouges que les matadors agitent devant les taureaux pour les provoquer). Le mot français, si j'avais voulu être insultant, vous savez, ce n'est pas chiffon, c'est torchon. Et jamais je n'ai pensé ça, j'ai le plus grand respect pour le drapeau du Canada, comme celui de toutes les nations respectables, d'ailleurs», a poursuivi M. Landry.
 

  Dès mardi soir, peu après sa sortie sur le bout de chiffon rouge, Bernard Landry avait dû s'expliquer, dictionnaire à l'appui. Il avait alors déclaré qu'il ne faisait pas allusion au drapeau canadien, avec cette expression tirée du vocabulaire de la tauromachie.
 

 

Pierre Pettigrew
 
Les propos de Bernard Landry sur le chiffon rouge ont été très mal reçus à Ottawa. Le gouvernement fédéral les considère comme «une insulte». «Les contribuables québécois vont avoir à payer 18 millions de plus pour l'Aquarium parce que M. Landry commence son ère en traitant le drapeau canadien de chiffon rouge, a commenté le ministre du Commerce
 

  international, Pierre Pettigrew. Ce genre de respect-là n'est pas de très bon augure», a conclu le ministre Pettigrew.
 

  Pour sa part, Stéphane Dion, le ministre des Affaires intergouvernementales du Canada, a accueilli les excuses de Bernard Landry avec scepticisme. «Bien sûr qu'il visait le drapeau canadien avec une expression péjorative, a déclaré le ministre Dion. Et il doit s'en excuser, sans inventer toutes sortes de faux-fuyants». Prudente, la ministre du Patrimoine, Sheila Copps, a déclaré pour sa part que c'étaient là les commentaires d'un seul homme et que cela ne réflétait sûrement pas la pensée de la majorité des Québécois.
 

 


 
De son côté, le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, a déclaré que la hargne avec laquelle s'est exprimé Bernard Landry au sujet du drapeau canadien «est un signe d'intolérance indigne d'un parlementaire québécois et encore moins d'un prétendant au poste de premier ministre du Québec».
 

  Commentant les propos du ministre des Finances au sujet du drapeau et les explications fournies ensuite par Bernard Landry, Jean Charest a accusé le candidat à la succession de Lucien Bouchard de vouloir enfermer la politique québécoise dans un conflit perpétuel avec le gouvernement fédéral. Selon lui, les Québécois ne sont pas dupes, ils veulent que les représentants des gouvernements fédéral et provincial se parlent comme des adultes et non pas comme des enfants. «Que M. Landry n'aime pas le drapeau canadien, c'est son affaire, a déclaré le chef libéral. Mais qu'il le traite de chiffon, c'est proprement insultant et irrespectueux envers les Québécois de quelque allégeance politique qu'ils soient et, évidemment, insultant pour tous les Canadiens».
 

  M. Charest dit ne pas croire les explications fournies par le ministre des Finances et affirme qu'il aurait dû s'excuser franchement, puisqu'il est très clair qu'il parlait du drapeau canadien lorsqu'il a parlé de chiffon rouge. Pour le chef libéral, le fait que M. Landry prétende ne pas avoir dit ce qu'il a dit trahit un trait de caractère inquiétant. C'est un manque de jugement et de maturité évidents, a répété à quelques reprises M. Charest.
 

 
 
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