Le PDG de Norbourg prêt à coopérerMise à jour le vendredi 28 octobre 2005 à 18 h 08 .
 . | Le PDG de Norbourg, Vincent Lacroix, est soupçonné de fraude.
(Journal Les Affaires, photo de Gilles Delisle). | Le PDG de la firme Norbourg, a fait savoir, par le biais de la firme de communication qui le représente, qu'il remboursera tous les investisseurs victimes d'une fraude présumée de 70 millions de dollars.Vincent Lacroix, qui est lui-même soupçonné de gestes frauduleux, avait affirmé vendredi qu'il collaborerait entièrement aux enquêtes de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et des autorités policières. Dans un communiqué, M. Lacroix affirme avoir rencontré ses employés au siège social de l'entreprise, à Montréal, pour faire le point sur la situation. Toutefois, il n'a pas offert d'explication sur la fraude alléguée. Il dit vouloir clarifier la situation « lorsque le moment sera propice ». Aucune accusation n'a encore été portée dans l'affaire.
Gel des comptes bancaires À l'issue d'une enquête qui a débuté au mois de juin, l'AMF a gelé les comptes bancaires de Norbourg, jeudi. L'entreprise aurait détourné des millions de dollars de fonds appartenant à quelque 5000 petits investisseurs. Selon l'AMF, ceux-ci pourraient ne jamais revoir leur argent. L'AMF a ordonné le blocage, l'interdiction d'opérations sur les valeurs et la suspension des droits de l'entreprise. Une série de perquisitions a été menée dans les différents bureaux de la firme.
 . | | Michel Fragasso . | Norbourg gérait environ 200 millions de dollars dans des fonds communs de placement et des portefeuilles institutionnels. D'après le président de l'AMF, Jean St-Gelais, il ne resterait plus que 84 millions dans les coffres de la société, soit 70,7 millions de moins que ce qui est inscrit dans les livres de comptes.De son côté, le vice-président de Norbourg, Michel Fragasso, a démissionné de la présidence de l'Institut des fonds d'investissement du Canada. Demande de recours collectif
 . | Par ailleurs, un homme d'affaires de Saint-Ferdinand a déposé une demande en recours collectif à la Cour supérieure du Québec au nom des 5000 investisseurs lésés par la fraude présumée.Maurice Côté allègue avoir été floué d'au moins 50 000 $. L'homme d'affaires veut poursuivre toutes les corporations, entités et fonds liés au groupe Norbourg. Une autre demande pourrait être déposée par Yves Michaud, fondateur de l'Association de protection des épargnants et investisseurs du Québec et président du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires. Surnommé le Robin des banques, M. Michaud aurait déjà reçu plus de 300 appels provenant d'investisseurs floués, dont certains députés. Pas d'intervention gouvernementale
 . | | Jean Charest (archives) . | Invité à réagir à l'affaire, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a indiqué qu'il ne voulait pas s'immiscer dans l'enquête en cours. « Il y a des gens qui ont des responsabilités et qui devront les assumer. C'est l'enquête qui nous le dira. »Le ministre des Finances du Québec a nommé un administrateur provisoire pour prendre la direction de l'entreprise pendant l'enquête. Une croissance fulgurante Décrit comme un jeune gestionnaire dynamique et ambitieux, Vincent Lacroix a commencé sa carrière à 24 ans à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il a travaillé dans différentes institutions avant de créer Norbourg en 1998. La firme a rapidement pris de l'ampleur avec une série d'acquisitions, dont celle d'un bureau en Suisse. Avec son frère, M. Lacroix a aussi acheté le complexe hôtelier L'étoile sur le lac, à Magog. Il est également copropriétaire du ProLab de Thetford Mines et détient des parts dans Ressources Dianor, une entreprise diamantaire de Val-d'or.

| * Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes |
|