Un premier vol pour la CSeries de Bombardier

Radio-Canada avec La Presse Canadienne et Reuters
Le reportage de Maxime Bertrand et la chronique de Gérald Fillion

Le premier appareil de la CSeries, du fabricant canadien Bombardier, a effectué son baptême de l'air lundi, à l'aéroport de Mirabel, au nord de Montréal.

Ce premier vol, d'une durée d'environ 2 h 30, a notamment permis à Bombardier de mieux évaluer la consommation de carburant de l'appareil. Le fabricant mise justement sur l'économie de carburant pour vendre ses nouveaux appareils.

Le décollage s'est effectué à 9 h 54 et l'atterrissage à 12 h 23.

Ce vol inaugural s'est très bien passé, selon les dirigeants de Bombardier. Il s'est fait à partir d'un site rigoureusement contrôlé.

Environ 2700 personnes, assises dans des gradins aménagés pour l'occasion, ont assisté à cette importante étape pour Bombardier :  les employés de la compagnie, des fournisseurs, des clients, des membres des médias et quelques invités triés sur le volet. 

Le pilote de l'avion, Chuck Ellis, a indiqué en conférence de presse que le vol s'était bien déroulé et que l'appareil se comportait comme prévu, même si certains aspects restent à améliorer.

« C'est de la fierté et beaucoup d'émotions pour nous de pouvoir célébrer ça avec nos employés.  » — Pierre Beaudoin, PDG de Bombardier

Un moment décisif

Au cours des 12 prochains mois, d'autres tests seront effectués sur l'appareil, avant les premières livraisons prévues pour la fin de 2014 ou le début de 2015. 

Pour l'instant, Bombardier a obtenu 177 commandes fermes pour la CSeries. Bombardier veut attendre d'atteindre les 300 commandes fermes avant de commencer ses livraisons. 

Lors d'une conférence de presse en après-midi, Michele Arcamone, président de Bombardier Avions commerciaux, a indiqué que le coût total du projet pourrait atteindre 3,9 milliards de dollars américains, alors que le coût initial était estimé à 3,4 milliards de dollars. La direction a par la suite corrigé le tir, réaffirmant que le budget était de 3,4 milliards.

Bombardier a investi 15 ans de travail pour développer cette nouvelle famille d'appareils, qui seront assemblés à Mirabel. Elle s'attend à ce que la vente de la CSeries rapporte entre 5 et 8 milliards de dollars.

Son succès est crucial pour la première entreprise aéronautique en importance au Canada, et la troisième à l'échelle mondiale pour la construction d'avions civils, derrière Boeing et Airbus.

Les travailleurs de Bombardier se réjouissent quant à eux de l'étape franchie lundi avec le vol inaugural.

« C'est un grand moment de fierté, pour les travailleurs. C'est un travail de longue haleine, ça fait pour nous neuf à dix années qu'on espère pour ce projet. On n'a jamais perdu confiance que cet avion volerait. Ça valide les changements que les gens ont accepté d'apporter à la convention collective. Ça démontre qu'ils avaient raison de faire ces changements », a dit en entrevue le président du syndicat des machinistes de Bombardier, David Chartrand.

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Plusieurs reports

Initialement, le vol inaugural de la CSeries était prévu à la fin de décembre 2012, mais il a été reporté de six mois en raison de « difficultés principalement reliées à certains fournisseurs ».

En juin, Bombardier a repoussé ce baptême de l'air d'un mois, pour le retarder une autre fois, le 24 juillet, tout en restant plus vague sur l'échéancier, parlant de « quelques semaines ». L'entreprise soulignait alors que « les dernières étapes hautement techniques [prenaient] plus de temps que prévu initialement ».

La CSeries en sept chiffres

 

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L'économie avec Gérald Fillion

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