Desjardins : garder son centre de services près de chez soi

Le reportage de Maxime Bertrand

À la fin du mois, 12 centres de services Desjardins auront fermé leurs portes au Québec depuis janvier. Bien que le phénomène ne soit pas nouveau, une mobilisation tente de s'organiser.

Jacques Gingras, un ancien administrateur de caisse populaire, mène actuellement une campagne afin d'inciter les membres de Desjardins à s'opposer aux fermetures, après avoir appris que le centre de services Sainte-Marguerite de Trois-Rivières fermerait après la fête de la Saint-Jean.

M. Gingras indique que le centre de services Sainte-Marguerite est un symbole, car au début du siècle dernier, le curé de la paroisse a su convaincre Desjardins d'aider des centaines de familles modestes à devenir propriétaires.

« C'était la base même, la philosophie de Desjardins, venir en aide aux gens, et pas seulement accumuler des profits », rappelle M. Gingras.

Centres de services fermés de janvier à juin 2013 par Desjardins

  • Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine : 4
  • Mauricie-Centre-du-Québec : 3
  • Estrie : 4
  • Outaouais, Abitibi, Nord-du-Québec : 1

En Gaspésie, où on vient de procéder à la fermeture de trois centres de services, le comité ACCORDons-nous, composé de représentants municipaux et de membres de Desjardins, invite lui aussi les autres régions à résister à ces fermetures.

Il est appuyé par Solidarité rurale, un organisme qui promeut le développement du monde rural. La présidente de l'organisme, Claire Bolduc, a d'ailleurs confié à Radio-Canada qu'elle avait demandé une rencontre d'urgence avec la présidente du Mouvement Desjardins.

« Le point de bascule est atteint, on ne peut plus aller de l'avant avec les fermetures. Ça compromet de façon importante la survie des communautés rurales au Québec », indique Mme Bolduc.

Solidarité rurale veut rappeler à la direction de Desjardins que le mouvement a pris racine dans les collectivités rurales. L'organisme réclame un dialogue, car, dit-il, si des changements sont nécessaires, ils ne doivent pas se faire de façon unilatérale.

Souci de rentabilité

Au Mouvement Desjardins, on explique que ces fermetures sont des décisions locales prises par souci de rentabilité, et que certains centres de services sont déficitaires parce que trop peu achalandés. On souligne entre autres que les membres utilisent de plus en plus lnternet pour leurs transactions et font affaires avec d'autres institutions financières.

Depuis cinq ans chez Desjardins
Transactions Internet
hausse de 26 %
Transactions aux comptoirs baisse de 19 %
Transactions aux guichets baisse de 20 %
Paiements directs hausse de 77 %

« Ce qu'on dit aux caisses c'est qu'elles doivent continuer d'être rentables. Certains endroits qui ont été fermés étaient carrément déficitaires cette année. [...] Si les gens nous délaissent, c'est difficile pour nous de rester dans ces milieux-là », affirme une responsable des relations de presse chez Desjardins, Nathalie Genest.

Sur ce point, la présidente de Solidarité rurale est d'accord avec Desjardins et compte en discuter avec les membres.

« Mêlez-vous-en de vos affaires. Mêlez-vous-en pas seulement quand ça va mal, mêlez-vous-en avant, et continuez d'utiliser votre caisse Desjardins. Que vos placements ne soient pas chez ING Direct, qui n'a aucun guichet dans aucun village », lance Claire Bolduc.

D'après un reportage de Maxime Bertrand

En complément

Info en continu Afficher le fil complet

L'économie avec Gérald Fillion

Facebook