L'OACI demeure à Montréal

Siège de l'OACI à Montréal Siège de l'OACI à Montréal  Photo :  PC/Graham Hughes

La menace d'un déménagement vers le Moyen-Orient ne plane plus sur l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) établie à Montréal depuis 1947. Le Qatar a retiré son offre de déménager le siège de l'organisation onusienne sur son territoire, a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird.

« Heureux de confirmer que le Qatar a retiré son offre de déménager l'OACI de Montréal », a écrit le ministre sur le réseau social Twitter, ajoutant que ce revirement de situation n'aurait pas été possible sans le travail du ministre des Relations internationales du Québec, Jean-François-Lisée, et du maire de Montréal, Michael Applebaum.

En entrevue à RDI, le ministre Baird a affirmé ne pas connaître la raison précise du retrait de l'offre du Qatar. Il a toutefois souligné que le Canada avait l'appui de poids lourds de la diplomatie internationale tels que les États-Unis, la France et l'Angleterre.

« Nous avons lancé une campagne internationale pour souligner les mérites de Montréal et nous avons été très heureux de l'appui reçu dans chaque région du monde », a-t-il dit.

De son côté, le ministre Christian Paradis affirme que c'est grâce au lobbying du Canada que le Qatar a changé d'avis et qu'aucune négociation avec le pays n'a été nécessaire.

« Il y a plus de 100 pays qui ont été lobbyés, dont des partenaires stratégiques. On s'est battu bec et ongles. On en a fait une question de priorité nationale. [...] Quand le Qatar a constaté que c'était une priorité pour nous, ils ont reculé, et je les en remercie », a déclaré M. Paradis.

Quant au ministre Jean-François Lisée, il a affirmé que la décision du Qatar prouvait que l'OACI était bien traitée à Montréal.

« L'événement d'aujourd'hui est extrêmement positif, car il dit aux organisations qui sont à Montréal qu'elles ont raison d'y être. Il dit à ceux qui voudraient venir les chercher que si le Qatar a échoué, c'est très très difficile de les enlever. Donc, c'est très bon pour la réputation de Montréal. Il faut continuer à travailler, à être très proche d'eux, c'est ce qu'on fait. Mais c'est un signe de robustesse de notre capacité de les accueillir et de les retenir », a-t-il affirmé.

Pour sa part, l'OACI s'est réjouie de la décision du Qatar. « Même si l'offre de déménagement à Doha était extrêmement généreuse, l'OACI est très heureuse de poursuivre sa mission mondiale avec le soutien et la coopération du gouvernement canadien et des autorités locales, qui ont accueilli notre siège depuis de nombreuses années maintenant », a dit dans un communiqué le secrétaire général de l'organisation, Raymond Benjamin.

Montréal, trop froide pour le Qatar

Le Qatar avait approché l'OACI pour lui offrir de déménager sur son territoire, promettant entre autres un édifice ultramoderne dans sa capitale Doha et des exemptions complètes de taxes et d'impôt. Le pays du Moyen-Orient soulignait aussi les désavantages de Montréal, notamment le climat hivernal rigoureux.

Du 24 septembre au 4 octobre prochain, les 191 pays membres de l'OACI devaient voter pour l'emplacement de leur choix. Un minimum de 60 % des votes est requis pour procéder au déménagement de l'organisation. Puisque l'offre est retirée, le siège devrait rester à Montréal.

La démarche du Qatar avait provoqué une levée de boucliers des gouvernements du Québec et du Canada, et de la Ville de Montréal. « Nous souhaitons vivement que l'OACI demeure sur son territoire. Ici, l'OACI est chez elle », avait déclaré le maire Michael Applebaum au début du mois, lors d'une conférence de presse avec MM. Lisée et Baird, visant à conserver le siège de l'organisation au pays.

De passage cette semaine au Forum international des transports, à Leipzig, en Allemagne, le ministre des Transports du Canada, Denis Lebel, avait d'ailleurs sollicité des appuis auprès d'autres pays.

L'OACI, qui emploie environ 500 personnes, est établie à Montréal depuis sa création en 1947. Ses activités génèrent des retombées économiques évaluées à 120 millions de dollars annuellement.

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