Les bourses décrochent en Asie

Andrée-Anne St-Arnaud
Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Un courtier à la Bourse de New York Un courtier à la Bourse de New York  Photo :  AFP/Spencer Platt/Getty Images/AFP

La forte reprise boursière des derniers mois semble s'être interrompue jeudi matin avec d'importantes pertes pour les indices européens et asiatiques. À Tokyo, l'indice du Nikkei a même clôturé en baisse de 7,3 %, sa pire chute depuis le tsunami qui a ravagé le pays il y a deux ans.

Cette méfiance boursière s'explique en partie par des statistiques sur un nouveau recul de l'activité manufacturière en Chine. La production s'est contractée en mai pour la première fois en sept mois, selon un indicateur de la Banque HSBC. Ce bilan ravive les craintes d'un ralentissement économique en Chine, ce qui aurait un impact défavorable sur l'économie mondiale.

Les investisseurs s'inquiètent aussi d'un changement possible dans la politique monétaire américaine. Lors d'une audition au Sénat mercredi, le président de la Fed, Ben Bernanke, a indiqué que son institution était prête à ralentir ses injections de liquidités dans l'économie. La manoeuvre, attendue d'ici la fin de l'année, pourrait fragiliser la croissance américaine.

« L'heure du doute a sonné », soulignent les analystes de la firme française Aurel.

En fin de séance jeudi, le Dow Jones avait perdu 0,08 % et, à Toronto, le S&P/TSX se contractait de 0,74 %.

« Après les propos ambigus de la Réserve fédérale américaine et le risque d'un prochain arrêt des mesures de soutien, le mauvais chiffre chinois a été un coup de semonce incitant les investisseurs à se livrer des prises de bénéfices », explique Xavier de Villepion, courtier chez Global Equities.

Les prises de profits sont d'une plus grande ampleur au Japon puisque l'indice du Nikkei a progressé de 45 % depuis le début de 2013, et de 80 % depuis six mois, dopé par la politique monétaire accommodante de la Banque du Japon.