SNC-Lavalin embauche un spécialiste de l'éthique

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Les bureaux d'SNC-Lavalin à Montréal (archives) Les bureaux d'SNC-Lavalin à Montréal (archives)  Photo :  PC/Ryan Remiorz

SNC-Lavalin a annoncé vendredi l'embauche d'Andreas Pohlmann, qui occupera le poste de chef de la conformité à compter du 1er mars, alors qu'en Algérie on demande que soit révisés les contrats qui ont été accordés à l'entreprise.

La multinationale montréalaise a indiqué par voie de communiqué que M. Pohlmann possède des connaissances approfondies en résolution et en règlement de cas d'éthique et de gouvernance dans l'entreprise à l'échelle internationale. Il aurait ainsi supervisé la création et la mise en oeuvre du système de conformité et de gouvernance d'entreprise du géant industriel allemand Siemens.

Le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Robert Card, a déclaré que M. Pohlmann a traversé des moments comparables à ceux que vit actuellement l'entreprise, qui est depuis plusieurs mois éclaboussée par de nombreuses allégations de corruption.

Enquête sur SNC-Lavalin demandée en Algérie

Le jour même où cette nouvelle embauche est annoncée, l'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) a appelé le gouvernement algérien à étudier de plus près les contrats qui ont été accordés à la firme canadienne.

Jeudi, une enquête publiée par le Globe and Mail et un journal italien révélait que SNC-Lavalin aurait pu obtenir des contrats de la société pétrolière algérienne d'État Sonatrach dans des conditions douteuses.

Selon les médias algériens, l'AACC demande maintenant que la justice algérienne lance une enquête pour réexaminer tous les contrats attribués ces dernières années à SNC-Lavalin, en interrogeant toutes les personnes qui y sont liées de près ou de loin, dont les dirigeants de SNC-Lavalin en Algérie.

L'AACC fait remarquer que le gouvernement algérien a continué à attribuer de gros contrats à l'entreprise même si elle avait été la première firme occidentale d'importance à être sanctionnée pour fraude par une grande agence internationale. L'association précise que l'Asian Development Bank avait banni en 2004 deux filiales de SNC-Lavalin de ses projets de développement parce qu'elles avaient remis des documents mensongers visant à obtenir un contrat routier au Laos.

SNC-Lavalin a reçu au moins 6 milliards de dollars en contrats algériens depuis 10 ans.