Le plafond de verre résiste toujours au Canada

Rue Bay à Toronto Rue Bay à Toronto (archives)

Le nombre de femmes qui occupent des postes de cadre supérieur stagne depuis deux ans dans les entreprises canadiennes.

Une enquête menée par le groupe Catalyst révèle qu'au sein des 500 plus grandes entreprises canadiennes, 18,1 % des postes de haute direction étaient confiés à des femmes en 2012, contre 17,7 % deux ans plus tôt.

L'étude révèle également que plus du tiers (35,9 %) des entreprises qui figurent au classement Financial Post 500 ne comptent aucune femme parmi leurs cadres supérieurs. Moins du quart (21,7 %) des entreprises inscrites en bourse comptent 25 % ou plus de femmes cadres supérieures, ce qui montre qu'aucun progrès n'a été accompli depuis 2010.

Les secteurs de la finance et de l'assurance, du commerce de détail et des services publics affichent la plus forte représentation de femmes cadres supérieures.

Les chercheurs à l'origine de l'étude notent que ces résultats entrent en contradiction avec la politique canadienne, puisque 6 des 10 postes de premiers ministres provinciaux sont détenus par des femmes. « Pourquoi ne pas faire en sorte qu'il y ait davantage de femmes au sein de la haute direction des sociétés? », s'interroge Alex Johnson, directrice générale du groupe Catalyst.

Le taux de représentativité des femmes cadres supérieures a reculé dans les coopératives de 2010 à 2012, passant de 15,9 % à 11,3 %.

Les recherches menées par Catalyst montrent d'ailleurs qu'un pourcentage plus élevé de femmes à la haute direction peut se traduire par des bénéfices concrets pour les entreprises. « Par exemple, les sociétés du classement Fortune 500 qui comptent un plus grand nombre de femmes au sein des dirigeants affichent en moyenne un plus grand succès financier que les sociétés où elles sont moins nombreuses », précise l'étude.

La firme Catalyst mène son enquête sur la place des femmes dans la haute direction des entreprises canadiennes depuis 1998. Les données utilisées proviennent d'informations publiques auprès des autorités des valeurs mobilières et de sources publiques pour les sociétés non cotées en bourse, dont les coopératives et les sociétés d'État.