Les pays du G20 s'engagent à éviter une « guerre des monnaies »

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le récit de Luc Lapierre

Les pays du G20 s'engagent à ne pas pratiquer une dévaluation compétitive tout en soutenant la reprise économique; ils comptent aussi prendre des mesures pour lutter contre les paradis fiscaux, selon le communiqué final de la réunion de Moscou, samedi.

Les ministres des Finances et banquiers centraux du G20, réunis dans la capitale russe depuis la veille, mettent aussi l'accent sur des « stratégies crédibles de moyen terme » pour réduire leurs déficits budgétaires, sans faire référence à des objectifs chiffrés et à des échéances précises.

Jim Flaherty Jim Flaherty

Jim Flaherty, ministre canadien des Finances, s'est dit heureux de voir le G20 promettre d'adopter cette stratégie fiscale demeurant ainsi fidèle à ses engagements passés, d'ici la prochaine réunion du groupe, en septembre.

« Les débats ont trop souvent mené à une fausse dichotomie entre la discipline fiscale et un programme en faveur de la croissance. Ce qui compte vraiment, c'est d'atteindre le bon équilibre », a-t-il dit.

Selon eux, les « risques » menaçant l'économie mondiale ont « reculé » et « les conditions des marchés financiers se sont améliorées ». Pour autant, « d'importants risques demeurent et la croissance mondiale est toujours trop faible », estiment les grands argentiers des principales puissances de la planète.

La réunion de Moscou a été précédée par les craintes d'une « guerre des monnaies », provoquée par un enchaînement de dévaluations compétitives par des pays en quête de croissance. Le G20 tente d'écarter ce risque.

Certains pays européens, dont la France, s'inquiètent aussi de la vigueur de l'euro, qui handicape leurs exportations. Ces pays mettent en cause les politiques monétaires de pays en quête de croissance qui produisent de la monnaie pour soutenir leur économie, avec pour effet de déprécier leurs devises. Récemment, le Japon a adopté cette politique, qui est courante aux États-Unis, mais n'est pas utilisée par la Banque centrale européenne.

« La politique monétaire doit être dirigée vers la stabilité des prix au niveau national et continuer à soutenir la reprise économique, conformément aux mandats respectifs » des différentes banques centrales, estiment les pays du G20.

Toutefois, ils s'engagent à « s'abstenir de mener des dévaluations compétitives ». « Nous ne fixerons pas de cibles de taux de changes à des fins de compétitivité », promettent-ils.

Les membres du G20 laissent en revanche la porte ouverte à une dévaluation qui résulterait d'une politique de relance, comme c'est le cas au Japon. Face aux critiques suscitées par la
chute du yen, ils s'engagent à « essayer de minimiser les effets collatéraux des politiques d'assouplissement monétaire sur les autres pays ».

Les ministres et banquiers centraux réaffirment leur engagement « à aller rapidement vers des systèmes de taux de change davantage déterminés par le marché » et qui « reflète les fondamentaux économiques sous-jacents ».

Sur le sujet épineux des changes, ils disent vouloir « travailler plus étroitement les uns avec les autres, afin de croître ensemble ».

Lutte aux paradis fiscaux

Le G20 veut aussi prendre des mesures pour éliminer les failles du système fiscal international qui permettent aux multinationales d'échapper à l'impôt, selon le communiqué final.

Les ministres des Finances se donnent rendez-vous en juillet pour étudier « le plan d'action complet » que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) aura entre-temps préparé. Ce plan vise à refondre les normes fiscales internationales, inadaptées à la mondialisation et au développement de l'économie numérique, et qui « permettent trop souvent » aux multinationales « d'échapper complètement à l'impôt », selon l'organisation.

D'après l'OCDE, « certaines multinationales utilisent des stratégies qui leur permettent de ne payer que 5 % d'impôts sur les bénéfices, alors que des entreprises plus petites en acquittent jusqu'à 30 % ».

Dans le sillage de la crise financière de 2008, l'OCDE avait publié une liste noire visant les paradis fiscaux. Mais l'attention s'est récemment portée vers les grandes entreprises, les cafés Starbucks ou le distributeur en ligne Amazon se trouvant montrés du doigt. Le géant Google s'est également retrouvé sur la sellette.

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