Lucien Bouchard quitte l'Association pétrolière et gazière du Québec

Patrice Roy s'entretient avec Lucien Bouchard

L'ex-premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a démissionné jeudi de son poste de président de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). M. Bouchard présidait le conseil d'administration de l'APGQ depuis janvier 2011.

En entrevue, Lucien Bouchard a invité le gouvernement de Pauline Marois à ne pas laisser les municipalités bloquer unilatéralement les projets d'exploitation pétrolière, une référence au dossier de Pétrolia à Gaspé. Il estime que l'industrie qu'il a représentée s'est comportée de façon responsable dans le dossier du gaz de schiste au Québec.

« Je pense que le gouvernement et notre société vont se heurter avec le pétrole, peut-être pas avec la même intensité, mais aux mêmes problèmes que l'on a eus avec le gaz. » — Lucien Bouchard

La firme gazière albertaine Talisman payait les honoraires de M. Bouchard à la tête de l'Association. Le géant albertain a annoncé jeudi son retrait de l'APGQ, ce qui a eu pour conséquence la démission de Lucien Bouchard de la présidence. Cette annonce survient alors qu'en octobre dernier, Talisman retirait ses investissements du territoire québécois.

« Au terme d'un examen minutieux, Talisman a pris une décision d'affaires, soit de se retirer de l'Association pétrolière et gazière du Québec », écrit la société Talisman dans un communiqué.

Invoquant des changements stratégiques et les faibles prix du gaz pour expliquer son départ, Talisman précise dans son communiqué que la « décision de la compagnie ne constitue d'aucune façon un jugement sur la qualité du travail de l'Association ».

Nommé à la présidence du conseil d'administration le 25 janvier 2011 avec le mandat d'ouvrir le dialogue avec les Québécois sur l'exploitation des gaz de schiste et des ressources pétrolière du Québec, Lucien Bouchard a dû faire face à l'opposition d'une partie importante de la population, inquiétée par les impacts environnementaux et l'aspect invasif des méthodes d'extraction.

En entrevue à RDI, le porte-parole de Talisman Energy, Stéphane Perreault, a souligné l'importance du travail de M. Bouchard à la présidence de l'APGQ, qui a permis de faire cheminer plusieurs dossiers. « Il a joué un rôle important pour que les Québécois écoutent un peu plus ce que l'industrie a à dire, ce qu'elle a à proposer et connaissent les défis », dit-il.

Le départ de Lucien Bouchard de l'APGQ survient au lendemain de la décision du gouvernement du Québec de confier au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) un mandat pour mener une consultation élargie sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste dans la province.

L'APGQ précise cependant que le départ de M. Bouchard n'est pas lié à cette démarche de Québec mais plutôt au fait que le mandat du président du conseil d'administration est d'une durée d'un an, renouvelable une seule fois, et que le deuxième mandat de Lucien Bouchard arrivait à terme en mars.

Le porte-parole de Talisman Energy assure que l'annonce du gouvernement n'a pas précipité les décisions de l'entreprise. « L'annonce faite par [le ministre de l'Environnement] Yves-François Blanchet [au sujet du mandat du BAPE] n'a aucune conséquence sur les projets qu'on pouvait avoir ou nos opérations au Québec. C'est seulement une coïncidence dans le temps », dit-il.

« Le gouvernement a décidé d'aller au fond des choses au sujet du gaz de schiste. Je pense qu'il veut connaître à fond cette industrie. Nous le souhaitons tous. Chez Talisman, on veut s'assurer d'adopter les règles les plus strictes », soutient M. Perreault.

« La décision de suspendre nos projets fait partie des décisions d'affaires. Le prix du gaz est bas. On a annoncé l'automne dernier qu'on radiait nos actifs d'une valeur de 109 millions au Québec. On ne voit pas un potentiel de commercialisation à court terme dans la province », ajoute-t-il.

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