Les Canadiens paient plus et ils le savent, dit un rapport du Sénat

Les explications de Denis Ferland

Les Canadiens paient plus cher que les Américains la même chemise à rayures ou encore le même vélo d'exercice, selon un rapport du Sénat. « Les consommateurs canadiens se sentent arnaqués », concluent les membres d'un comité sénatorial des finances qui a rendu public, mercredi, son rapport final sur la disparité des prix entre les deux pays.

Pourquoi cette inégalité entre les prix existe-t-elle entre les deux pays, alors que le dollar canadien est pratiquement à parité avec le dollar américain?

Selon un représentant du Conseil canadien du commerce de détail, cité dans le rapport : « Certains fabricants demandent parfois aux détaillants canadiens de 10 % à 50 % de plus qu'aux détaillants américains pour des produits identiques ».

Dans son rapport, le comité sénatorial affirme que des membres du Conseil canadien du commerce de détail se font dire, par les fabricants, que trois facteurs expliquent ces différences dans les prix :

  1. les Canadiens sont habitués à payer plus cher les produits au Canada;
  2. les prix plus élevés imposés aux détaillants canadiens compensent les coûts associés à l'administration des bureaux des fournisseurs et à leurs activités au Canada;
  3. les distributeurs et les grossistes canadiens font face à des coûts supérieurs au Canada.

Les consommateurs aux aguets

« À mesure que les consommateurs canadiens prennent connaissance des applications des téléphones intelligents et des sites Internet utiles pour comparer les prix et qu'ils deviennent des consommateurs avertis, les pressions concurrentielles au Canada s'intensifieront et les prix des produits correspondront aux prix aux États-Unis », déclarent les auteurs du rapport du comité sénatorial.

Dans l'espoir que les consommateurs du Canada trouvent davantage leur compte, les membres du comité recommandent au gouvernement canadien qu'il révise en profondeur les taxes sur les produits importés.

Le comité sénatorial conseille aussi à Ottawa :

  • d'examiner la possibilité de faire entrer au Canada plus de produits exemptés de droits et de taxes;
  • de poursuivre la coordination et l'harmonisation des normes de sécurité canadiennes avec celles des États-Unis.

Une autre recommandation vise la réduction du taux de majoration de 10 % que les distributeurs exclusifs canadiens peuvent ajouter au prix de catalogue des livres américains importés.

Quels sont les facteurs qui entrent en ligne de compte pour l'établissement du prix d'un produit?

  • les coûts de transport;
  • la taille du marché canadien;
  • les tarifs, c'est-à-dire les taxes sur les importations.

Le comité s'en est aussi remis à l'expertise de manufacturiers, de détaillants, d'importateurs et d'associations de consommateurs pour élaborer son rapport. Les auteurs dudit rapport reconnaissent n'être pas parvenus à des conclusions aussi déterminantes qu'ils l'auraient souhaité.

Le comité souligne qu'il existe plus de 8000 catégories de tarifs au Canada. Pour chacune des catégories, on compte 18 traitements tarifaires différents. Ces droits tarifaires ont rapporté 3,6 milliards en revenus pour 2010-2011. Cet argent représente 1,5 % des revenus totaux du gouvernement fédéral pour cette année fiscale. Environ 60 % de ces droits tarifaires avaient été appliqués sur des vêtements et des produits textiles, des voitures et des pièces de voitures et des chaussures.