Le CAA-Québec dénonce des hausses injustifiées des prix de l'essence

Hausses injustifiées ?

L'organisme CAA-Québec soutient que de nombreuses hausses des prix de l'essence avant les week-ends et à l'approche des congés n'étaient pas justifiées dans la grande région de Montréal en 2012.

Dans un bilan de l'année dernière, il dénombre 12 hausses des prix à la pompe le vendredi à Montréal, contre une seule à Québec et deux à Sherbrooke. De ces 12 hausses, huit s'avèrent injustifiées aux yeux de CAA-Québec. De plus, à l'aube des huit longs congés de l'année, cinq hausses ont eu lieu à Montréal. Et de ces cinq hausses, trois ne trouvaient pas de justification si l'on considérait le mouvement des indicateurs du marché et les marges au détail prélevées précédemment.

Selon l'organisme, le litre d'essence s'est vendu en moyenne 5 % plus cher en 2012 qu'en 2011 au Québec. Dans la région de Montréal, le prix moyen d'un litre d'essence s'est élevé à 137,3 ¢, alors qu'il s'est établi à 134,7 ¢ dans la région de Québec et à 135,6 ¢ à Sherbrooke.

La marge des détaillants a fortement augmenté à Sherbrooke. On y a noté une hausse de 19 % de la marge au détail comparativement à 2011. De 5,7 ¢ pour chaque litre d'essence vendu en 2011, la marge au détail pour Sherbrooke s'est établie à 6,8 ¢ le litre en 2012.

Dans la région de Montréal, la variation de 2 % de cette marge a permis aux détaillants d'engranger en moyenne des bénéfices bruts de 5,9 ¢ pour chaque litre d'essence. Dans celle de Québec, on enregistrait plutôt une augmentation de 7 %, ce qui se traduit par une marge au détail de 6,4 ¢ le litre.

Pour Sophie Gagnon, vice-présidente adjointe aux relations publiques et gouvernementales de CAA-Québec, la hausse de la marge au détail n'est certes pas une bonne nouvelle pour les automobilistes. Elle affirme que l'industrie devra expliquer pourquoi, dans les municipalités peu populeuses, les points de service peuvent se contenter de marges au détail beaucoup plus faibles que dans les grands centres, alors qu'ils sont moins nombreux et qu'ils vendent beaucoup moins d'essence.

Par ailleurs, Montréal est encore une fois la ville où le taux de taxation du prix moyen d'un litre d'essence ordinaire est le plus élevé parmi les villes les plus populeuses des provinces et territoires canadiens. Ce taux est de 36 % dans la métropole québécoise, alors que le taux moyen s'établit à 31 % au Canada.

CAA-Québec rappelle finalement que la taxe provinciale sur les carburants augmentera de 1 ¢ par litre le 1er avril prochain.