RIM : nouveau nom, nouveaux produits, mais peu d'enthousiasme

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press, La Presse Canadienne et Reuters

L'arrivée en grandes pompes du BlackBerry 10, dernier-né de Research in Motion (RIM) n'a pas emballé les investisseurs, qui ont recalé le titre de l'entreprise de presque 12 % sur la Bourse de Toronto.

L'action de ce fleuron canadien des technologies a terminé sa chute à 13,86 $. Ce résultat est, certes, plus satisfaisant que les quelque 6 $ que valait l'action en septembre dernier. Mais, ce peu d'enthousiasme de la part des investisseurs devant le BlackBerry 10 laisse présager que la partie n'est pas gagnée pour RIM.

L'entreprise de Waterloo, en Ontario, a présenté au monde, mercredi, deux téléphones multifonctions utilisant son nouveau système d'exploitation BlackBerry 10. Le PDG de RIM, Thorsten Heins avait choisi de procéder au lancement à New York. Des lancements simultanés se déroulaient à Toronto, Londres, Paris, Dubaï, Jakarta et New Delhi.

Tout en présentant le BlackBerry 10, Thorsten Heins a du même souffle annoncé que l'entreprise changeait de nom. BlackBerry sera sa nouvelle identité, et BB, en bourse, sera sa nouvelle cote sur les places boursières.

D'emblée, les connaisseurs ont salué le fait que système d'exploitation BlackBerry 10 regroupe courriels, messages Twitter et Facebook, textos et messages de LinkedIn et ce, à l'intérieur d'une seule boîte de réception. Le système donne accès au calendrier sans quitter le fil de messagerie. Il sera possible, par exemple, d'écouter un film tout en lisant ses courriels, promet BlackBerry.

Un peu plus lourd que l'iPhone 5 d'Apple et que le Galaxy S III de Samsung (grands concurrents de RIM) le BlackBerry Z10 offre un écran légèrement plus grand que le téléphone d'Apple. L'appareil devrait être disponible dès mardi prochain au pays et en mars aux États-Unis. La sortie du modèle Q10, qui comporte un clavier physique, est prévue pour avril.

Les consommateurs pourront se procurer le BlackBerry 10 pour 650 $, ou 149,99 $ avec un contrat de trois ans.

Le succès d'un téléphone mobile dépend en grande partie des applications que l'appareil offre aux utilisateurs. Des applications, le BlackBerry 10 en compte 70 000. Un nombre impressionnant, mais bien en deçà des 700 000 logées dans le iPhone ou les quelque 800 000 déployées sur la plateforme Androïd.

Révolution ou pétard mouillé?

Sur le marché des téléphones intelligents, compétitif et avide de nouveautés, le nouveau système d'exploitation de RIM est déjà scruté à la loupe. Les développeurs d'application comme Martin Dufort, PDG et fondateur de WhereCloud, estiment que RIM innove avec le BlackBerry 10. Mais cet entrepreneur de Montréal affirme que ses clients montrent peu d'intérêt pour ce produit. « Nous n'avons eu aucune demande de conversion vers le BlackBerry 10 », dit-il. Pour cette raison, Martin Dufort affirme qu'il attendra avant d'investir dans le BlackBerry 10.

À l'École de technologie supérieure (ETS), Philippe David, capitaine du club Applets (qui développe des applications mobiles), affirme que le BlackBerry 10 aurait dû « sortir » en 2008, avant le iPhone. Pour M. David, les créateurs d'application ne s'intéresseront au BlackBerry 10 que si les consommateurs en veulent. Ce qui ramène la balle dans le camp des acheteurs.

Une survie cruciale pour la région de Kitchener-Waterloo

Kitchener-Waterloo a 400 000 habitants, dont 100 000 étudiants, car la région possède l'une des plus grosses écoles de sciences et de mathématiques au monde. L'institut Perimeter, fondé par Mike Lazaridis (fondateur de RIM), s'y trouve également. Cet institut reçoit de grands chercheurs comme Stephen Hawkins.

Kitchener-Waterloo compte aussi un millier d'entreprises de technologies, particulièrement dans le secteur de l'informatique. Une effervescence en bonne partie due à RIM.

Dans ce contexte, la survie de RIM est cruciale. L'an dernier, le fabricant ontarien a vendu 4,6 % des téléphones multifonctions dans le monde. En 2011, sa part de marché était de 10,3 %, d'après les données de la firme IDC.