Priorité de la CSN en 2013: combattre la récession sociale

Pascal Robidas fait le point

Le nouveau président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a défini mardi les priorités que défendra son organisation en 2013, en dénonçant ce qu'il qualifie de « récession sociale » au Québec. 

« Nous avançons dangereusement vers une véritable récession sociale et il faut s'y attaquer avec autant de ferveur qu'on le fait avec une récession économique. Nous avons les moyens de progresser collectivement tout autant économiquement que socialement », soutient Jacques Létourneau.

« On trouve qu'on ne parle pas beaucoup des conséquences pour les travailleurs de la classe moyenne », poursuit-il. La CSN est notamment préoccupée par l'insécurité entourant la viabilité des régimes de retraite, la réforme fédérale de l'assurance-emploi, les difficultés du secteur manufacturier et industriel et la précarité dans laquelle sont plongés nombre de travailleurs, particulièrement ceux qui ne sont pas syndiqués.

Le secteur manufacturier et industriel a été mis à mal depuis dix ans, depuis le début de la mondialisation après la signature des accords de libre-échange, explique en substance Jacques Létourneau. De bons emplois syndiqués ont été remplacés par des emplois non syndiqués et sous payés. La CSN compte « interpeller » l'État et les associations d'employeurs et d'entreprises, qui sont touchés par ces transformations.

La fiscalité et le financement des services publics ainsi que leur pérennité est un dossier qui préoccupe l'organisation syndicale, qui représente de 300 000 travailleuses et travailleurs répartis dans 1700 syndicats et plus de 4000 lieux de travail.

« Oui c'est vrai qu'il faut s'occuper de la dette et du déficit, mais (...) quand ces politiques ont des conséquences sur les conditions sociales et les services publics, ça nous incite à réfléchir à de nouvelles approches en matière de fiscalité », déclare Jacques Létourneau.

Le président de la CSN dénonce, par exemple, la décision du gouvernement péquiste d'avoir renoncé à son projet d'accroître l'imposition des gains en capital et des dividendes.

Ottawa dans le colimateur

Jacques Létourneau s'est par ailleurs livré à une attaque contre le gouvernement fédéral qui a adopté, le 13 décembre dernier, la loi C-377.

Le projet de loi C-377 du député conservateur d'arrière-ban Russ Hiebert a été adopté par 147 voix contre 135, quelques minutes seulement avant le congé des fêtes.

« Le problème avec la loi C-377, c'est qu'elle ne vise que les organisations syndicales », dénonce Jacques Létourneau. Les syndicats tels la CSN et la FTQ ont déjà indiqué leur intention de contester, devant les tribunaux, le projet de loi fédéral qui les obligera à dévoiler publiquement l'usage de leurs fonds.

De plus, Jacques Létourneau rappelle que l'année 2013 commence avec l'adoption d'un nouveau règlement sur l'assurance-emploi, qui affectera particulièrement, selon lui, les travailleurs saisonniers. « C'est une charge contre la classe moyenne et contre le monde ordinaire. Comme CSN, on va réfléchir », promet Jacques Létourneau.

Près de 40% des travailleurs au Québec occupent des emplois qualifiés d'atypiques par le président de la CSN. Il cite en exemple les travailleurs des commerces Couche-tard, souvent des jeunes et des personnes immigrantes. « On a réussi à déposer pour huit Couche-tard », a déclaré Jacques Létourneau, signifiant par là qu'une centaine de salariés de huit dépanneurs Couche-Tard sont syndiqués par la CSN à ce jour. « On va poursuivre cette syndicalisation, afin de mieux représenter les gens qui ont de la difficulté à se syndiquer »

Le président de la CSN a été élu par acclamation à la tête de l'organisation syndicale le 30 octobre dernier.

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