Immigration : de nouveaux critères pour sélectionner des travailleurs qualifiés

Immigrant prêtant serment au Canada  Photo :  PC/Paul Chiasson

Les jeunes qui désirent immigrer au Canada, qui parlent au moins une des deux langues officielles et qui détiennent un arrangement avec un employeur auront plus de chance de devenir résidents permanents.

Le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, a donné des détails mercredi sur le nouveau système de sélection fédéral des travailleurs qualifiés, qui entrera en vigueur le 4 mai 2013.

Les immigrants qui désirent obtenir une résidence permanente en tant que travailleurs qualifiés seront maintenant plus avantagés si :

  • ils ont une connaissance minimale du français ou de l'anglais. Ce facteur devient le plus important du processus de sélection;

  • ils sont jeunes. Selon le ministre, les jeunes immigrants sont plus flexibles, donc mieux en mesure de s'adapter à l'évolution du marché du travail, et peuvent contribuer plus longtemps à l'économie du pays;

  • leurs études s'adaptent facilement aux standards canadiens. Les demandeurs devront faire évaluer leurs titres de compétences avant d'arriver au pays;

  • ils ont déjà des arrangements avec un employeur.

Les immigrants pourront aussi obtenir une résidence permanente plus facilement s'il existe une pénurie manifeste de leur métier sur le marché du travail ou si leur conjoint remplit également les exigences mentionnées plus haut.

Le ministre Kenney affirme que le nouveau système vise à être honnête avec les étrangers qui font une demande d'immigration, pour qu'ils sachent réellement à quoi s'en tenir et puissent se préparer en conséquence.

« Il n'y a aucun intérêt à faire venir un médecin ici s'il devient chauffeur de taxi. C'est embarrassant pour le Canada. Soyons honnêtes avec eux. S'ils ne rencontrent pas nos standards, ils ne travailleront pas, et ce n'est pas juste », a-t-il déclaré.

Jason Kenney a entre autres souligné que le taux de chômage est deux fois plus élevé chez les immigrants que chez les Canadiens nés ici, et que leur revenu est également plus bas que la moyenne nationale. Il espère que la réforme qu'il propose corrigera la situation pour amener les immigrants au même niveau que tous les autres Canadiens.

« Il faut mieux sélectionner les immigrants pour qu'ils utilisent leur plein potentiel, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre. [...] Nous sélectionnerons les meilleurs et les plus brillants, dans le marché compétitif qu'on connaît », a-t-il dit.

Mentionnons toutefois que ces changements auront peu d'impacts au Québec. La province sélectionne elle-même ses travailleurs qualifiés, en vertu d'une entente avec le gouvernement fédéral.

« Favorable aux employeurs », Frédéric Boisrond

Le Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre pour les personnes immigrantes juge que les mesures annoncées par le ministre Kenney faciliteront sans nul doute la vie aux employeurs qui doivent gérer des pénuries de main-d'oeuvre.

Frédéric Boisrond du Comité trouve toutefois inquiétant qu'on demande aux immigrants d'avoir une formation s'approchant des standards canadiens.

« Les pays d'où proviendront les immigrants sont faciles à cibler. Les pays développés, ou les pays de l'OCDE. Le Canada se privera alors de bonnes compétences et de travailleurs provenant d'autres pays qui pourraient devenir productifs », dit-il.

Selon lui, il n'est pas difficile de fournir des formations d'appoint aux immigrants.

Pour ce qui est de l'honnêteté envers ceux-ci, Frédéric Boisrond croit qu'il est vrai que le message envoyé ne reflète pas la réalité du terrain. Il voit cependant encore beaucoup de choses à parfaire, comme le fait qu'on ne dit pas aux immigrants que la main-d'oeuvre recherchée se trouve surtout en région, et que beaucoup, arrivés sur place, préfèrent habiter dans un centre urbain.

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