SNC-Lavalin cesse de payer les indemnités de départ de Pierre Duhaime

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
L'ancien chef de la direction de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime L'ancien chef de la direction de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime (archives)  Photo :  PC/Graham Hughes

La firme d'ingénierie SNC-Lavalin a décidé de suspendre le versement des indemnités de départ de son ex-président et chef de la direction, Pierre Duhaime.

Dans un communiqué publié jeudi, la multinationale montréalaise rappelle que ce dernier, qui a démissionné en mars, a été arrêté à la fin novembre pour une fraude qui serait en lien avec le Centre universitaire de santé McGill (CUSM). SNC-Lavalin refusait alors de commenter son arrestation par l'Unité permanente anticorruption.

Deux semaines plus tard, la firme d'ingénierie estime « qu'il pourrait y avoir d'autres détails au sujet de M. Duhaime dont le conseil n'était pas au courant au moment de son départ ». Il avait reçu une prime de 4,9 millions de dollars à la suite de sa démission après 23 années de service pour SNC-Lavalin, soit presque l'équivalent de deux ans de salaire.

Si Pierre Duhaime était innocenté, tout indique que SNC-Lavalin lui verserait le reste de ses indemnités de départ. Ce dernier doit comparaître le 11 février prochain.

Opération charme de SNC-Lavalin

Par ailleurs, la firme d'ingénierie s'est payé de pleines pages de publicité dans plusieurs journaux canadiens jeudi pour publier une lettre ouverte afin de rassurer ses clients et le public après les perquisitions dans ses bureaux et des départs de dirigeants pour différents cas soupçonnés de corruption.

Le président du conseil, Gwyn Morgan, et le président et chef de la direction, Robert Card, écrivent que SNC-Lavalin a pris des mesures pour régler les problèmes qui ont été mis en lumière cette année. Ils soutiennent qu'en dépit de ces ennuis, les assises de la multinationale sont solides. Les deux nouveaux dirigeants de SNC-Lavalin s'engagent par ailleurs à effectuer régulièrement des mises à jour publiques dans ce dossier.

Publicités de SNC-Lavalin

Un géant de la tourmente

La réputation de SNC-Lavalin n'a pas été ternie qu'au Québec. En Europe, les enquêtes menées par les autorités suisses ont mis en lumière certaines pratiques douteuses au sein de l'entreprise.

Cette semaine, Kevin Wallace, un ancien vice-président de SNC-Lavalin dont le nom a été lié à des allégations de corruption concernant le projet de construction du pont Padma, au Bangladesh, a quitté ses fonctions de président-directeur-général de CANDU Énergie, une filiale de SNC-Lavalin.

La commission d'enquête anticorruption du Bangladesh a recommandé à la justice du pays de poursuivre neuf personnes, dont M. Wallace, qui était alors à la division internationale de la firme d'ingénierie, dans une histoire présumée de pots-de-vin. D'ailleurs, la Banque mondiale a annulé le prêt de 1,2 milliard de dollars qui avait été consenti pour ce projet, et l'institution a temporairement écarté la filiale de SNC-Lavalin des appels d'offres sur ses nouveaux projets.

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