Contrat des F-35 : Ottawa fait « table rase »

Le reportage de Marc Godbout

Le gouvernement conservateur a indiqué mercredi qu'il cherchait des solutions de rechange aux chasseurs F-35 pour le remplacement de la flotte vieillissante de CF-18 des Forces canadiennes. Cette annonce survient au moment où un rapport indépendant révèle que le coût de ces avions ultramodernes est passé de 25 milliards de dollars à 45 milliards.

La durée de vie des CF-18, qui doivent être remplacés depuis 2003, a été prolongée jusqu'à 2017-2020. Mercredi, le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay a annoncé qu'il procédait à « un examen approfondi » de la flotte actuelle, y compris les coûts des améliorations qui pourraient être nécessaires pour prolonger leur durée de vie.

Dans le cadre d'une conférence de presse à Ottawa pour parler de ce qu'ils appellent le « plan en sept points » visant à remplacer la flotte de CF-18, le ministre MacKay et sa collègue des Travaux publics, Rona Ambrose, ont annoncé qu'un comité de cinq experts indépendants a été nommé pour évaluer toutes les alternatives. « Nous recommençons à zéro et nous prenons le temps de faire une évaluation complète de toutes les options viables », a affirmé la ministre Ambrose.

45 milliards plutôt que 25

Cette annonce du gouvernement conservateur a été faite dans la foulée de la publication d'un rapport de la firme KPMG commandé par le gouvernement du Canada. Le rapport révèle que le coût des 65 avions F-35 de la firme américaine Lockheed Martin atteint maintenant 45 milliards de dollars.

Le gouvernement aurait à acquitter cette facture sur une période de 42 ans, s'il décide d'aller de l'avant avec cette acquisition.

Le nouveau montant calculé par la firme indépendante KPMG inclut les coûts engendrés par le développement de l'appareil, et prévoit une durée de vie de 30 ans, ce qui n'était pas le cas lors de la précédente évaluation, en 2010.

Lorsque le gouvernement a annoncé son intention d'acheter 65 chasseurs F-35 en 2010, le coût d'achat était évalué à 9 milliards de dollars, en plus de 16 milliards de dollars en frais d'entretien.

En avril dernier, le vérificateur général Michael Ferguson accusait les ministères de la Défense et des Travaux publics d'avoir camouflé le coût réel du programme d'achat de ces avions.

Différents avions de chasse

L'opposition monte aux barricades

Le contrat d'achat, octroyé sans appel d'offres à Lockheed Martin, est décrié depuis longtemps par l'opposition en raison de l'explosion des coûts qui y sont associés.

« À la suite de l'annonce d'aujourd'hui, ce qui est le plus troublant, c'est qu'il n'y a toujours pas d'engagement ferme pour aller enfin vers un appel d'offres ouvert et transparent », a dénoncé Christine Moore, porte-parole adjointe du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de défense nationale.

Le chef libéral Bob Rae a abondé dans le même sens. « Ce n'est pas le début d'un véritable processus compétitif, ce n'est pas un aveu d'échec ou de méfaits, c'est une tentative de maquiller ce qu'ils perçoivent comme des défauts mineurs du processus précédent », s'est-il désolé.

L'opposition néo-démocrate reproche également au gouvernement de ne garantir aucune retombée industrielle, un impact estimé aujourd'hui par Industrie Canada à 9,8 milliards de dollars. Le gouvernement avait d'abord affirmé que l'achat des chasseurs rapporterait 12 milliards en contrats aux entreprises canadiennes.

Examen indépendant de KPMG

KPMG : cadre du coût du cycle de vie

Mise à jour annuelle du ministère de la Défense nationale

Plan à sept volets

Participation industrielle

Évaluation des options

En complément

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L'économie avec Gérald Fillion

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