Amphithéâtre à Laval : Québecor Média ira devant les tribunaux

Place Bell de Laval Place Bell de Laval  Photo :  Ville de Laval

Québecor Média réclame un nouveau processus d'appel d'offres dans le projet d'amphithéâtre de Laval, estimant avoir été désavantagée.

L'entreprise a indiqué mardi par voie de communiqué qu'elle aurait « recours aux tribunaux » pour « faire valoir ses droits en tant que soumissionnaire de cet important projet public », qui a été accordé par l'administration lavalloise au promoteur evenko.

Bell et le groupe evenko doivent débourser conjointement un peu plus du quart de l'enveloppe totale prévue de 120 millions de dollars pour le projet de la Place Bell, qui comprend notamment trois patinoires, dont un amphithéâtre de 10 000 places. Québec doit avancer 46,3 millions de dollars et le reste du budget doit être assuré par la Ville de Laval.

L'annonce de Québecor Média vient au lendemain de la présentation des plans de la Place Bell par le grand patron du Club de hockey Canadien, du Centre Bell et d'evenko, Geoff Molson, devant la Chambre de commerce et d'industrie de Laval. M. Molson a en outre indiqué que le projet verrait le jour en 2015.

Une annonce qualifiée d'« exercice de relations publiques » par le vice-président aux Affaires publiques de Québecor Média, Martin Tremblay. Dans son communiqué, l'entreprise soutient avoir accueilli la nouvelle « dans la plus grande stupéfaction » parce qu'elle s'attendait à « la réouverture du processus d'appel d'offres ».

En février 2012, le maire de Laval de l'époque, Gilles Vaillancourt, avait annoncé que le processus d'appel d'offres pour la gestion du complexe, auquel Québecor Média avait participé, avait été remporté par evenko. L'amphithéâtre devait alors être situé dans le secteur délimité par les boulevards du Souvenir, Daniel-Johnson et Saint-Martin.

En octobre, invoquant des impératifs de budget et des problèmes d'instabilité du sol du premier site choisi, l'administration lavalloise avait décidé que le complexe serait plutôt construit du côté est de l'autoroute 15, aux abords de la station de métro Montmorency.

Des modifications qui changent la donne, estime Québecor Média

Québecor Média argue que la Ville aurait dû relancer l'appel d'offres. « Selon les règles habituelles régissant les appels de propositions publics, un changement de cette envergure, ayant une incidence directe sur la profitabilité du projet, aurait normalement dû entraîner une reprise du processus d'appel de propositions afin de permettre aux contribuables de bénéficier d'une offre bonifiée de la part des promoteurs potentiels », estime-t-elle.

L'entreprise précise avoir envoyé à la Ville, le 2 novembre dernier, une mise en demeure en ce sens. Elle soutient qu'à la suite d'« échanges entre [leurs] avocats respectifs », la Ville lui a signifié son intention de relancer le processus, avant d'annoncer sa volte-face mardi matin.

« Dans le contexte actuel de crise de confiance envers les décideurs municipaux de Laval, les contribuables de cette ville sont en droit de s'interroger sur de telles façons de faire qui bafouent les règles fondamentales en matière d'attribution de contrats publics, privant ainsi potentiellement les contribuables de millions de dollars », affirme M. Tremblay.

Québecor Média s'était elle-même retrouvée au centre d'une bataille politico-judiciaire après que la Ville de Québec lui eut accordé le contrat de gestion de son futur amphithéâtre, en mars 2011, sans passer par un processus d'appel d'offres. L'Assemblée nationale avait ensuite adopté une loi pour protéger l'entente, dont la validité était contestée. En juin 2012, la Cour supérieure du Québec avait mis un terme à la saga politico-judiciaire, estimant que la loi était constitutionnelle.

Info en continu Afficher le fil complet

L'économie avec Gérald Fillion

Facebook