Le bilinguisme au travail ne doit pas être une exigence, selon Diane De Courcy

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
L'entrevue de Gérald Fillion avec Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec

Les entreprises doivent cesser d'exiger systématiquement le bilinguisme quand elles recrutent de nouveaux employés, a déclaré lundi la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy.

Dans un discours prononcé dans le cadre d'un colloque organisé par le Conseil du patronat, Mme De Courcy a déclaré que « pour la plupart des postes, le bilinguisme devrait être un atout, pas une exigence de base ».

La ministre a notamment évoqué la situation d'immigrants récents qui ont été admis au Québec en bonne partie grâce à leur connaissance du français et qui sont incapables de trouver un emploi du fait qu'ils maîtrisent mal l'anglais.

« Vous savez comme moi que pour les personnes immigrantes, l'emploi est la pierre angulaire d'une intégration réussie. [...]L'intégration économique des personnes immigrantes ne se limite pas à l'aspect de la langue, loin de là. Mais je dois vous dire que l'exigence du bilinguisme en emploi m'inquiète », a déclaré la ministre.

Selon elle, « lorsque le bilinguisme s'installe au travail pour des raisons qui ne sont pas valables, on s'approche du moment où il s'installera aussi dans la société ».

Freiner le déclin du français

Mme De Courcy a aussi mentionné dans son discours les données rendues publiques la semaine dernière par Statistique Canada qui confirment que le français est en recul au pays.

Pour « freiner le recul du français » dans la région montréalaise et « donner un nouvel élan à l'usage généralisé du français » dans les milieux de travail, « nous devons agir », a estimé Diane De Courcy. Elle s'est toutefois bien gardée de donner des précisions sur les mesures législatives qu'elle entend proposer à court terme. Lors d'un bref point de presse, elle a indiqué qu'on en saurait plus à ce sujet lors du discours inaugural que prononcera mercredi la première ministre, Pauline Marois.

Dans sa plateforme électorale, le Parti québécois s'est notamment engagé à élargir l'application des mesures de francisation de la Charte de la langue française, mieux connue sous le nom de loi 101, à toutes les entreprises de plus de 10 employés. À l'heure actuelle, l'obligation d'obtenir un certificat de francisation n'est imposée qu'aux entreprises de 50 employés et plus.

Le Conseil du patronat ne veut pas être contraint

De son côté, la Conseil du patronat a plutôt plaidé pour « une démarche incitative misant avant tout sur l'information et la sensibilisation pour favoriser la francisation dans le milieu des affaires au Québec ».

Selon le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, « il est avantageux et payant pour une entreprise d'investir dans le français comme langue de travail et langue de service », mais cela ne doit pas se faire en utilisant « des processus et des moyens devant s'appliquer uniformément à toutes les entreprises sans égard à leurs particularités ».

Info en continu Afficher le fil complet

L'économie avec Gérald Fillion

Facebook