Étalage de légumes dans une épicerie (archives)
Le taux annuel d'inflation a enregistré un recul inattendu en juillet, plombé par le recul des coûts de l'énergie. L'indice des prix à la consommation a progressé le mois dernier de 1,3 %, comparativement à la hausse de 1,5 % enregistrée en juin.
Statistique Canada a fait état vendredi de prix plus élevés pour l'achat de véhicules automobiles, pour les aliments achetés au restaurant, pour la viande et pour l'électricité. Les prix des vêtements pour femmes ont quant à eux diminué.
De toutes les provinces, c'est l'Ontario qui a enregistré la plus faible croissance des prix (0,7 %) et le Québec se retrouve avec l'inflation la plus élevée, 1,9 %. Il s'agit tout de même d'un léger recul par rapport à juin (2 %).
Au Québec, la hausse des prix des aliments dans les restaurants (+3,6 %) explique en partie l'inflation élevée, tout comme les augmentations des prix de la viande et des véhicules. Au Nouveau-Brunswick, le taux d'inflation était à 0,9 % le mois dernier comparativement à 1,4 % en juin.
Les économistes attendaient une hausse de 1,6%
Il s'agit d'un recul inattendu de l'inflation, précise l'économiste en chef de la BMO Sherry Cooper, qui ajoute que la diminution des prix des vêtements est également responsable de cette diminution de la progression des prix. Dans ce contexte, la Banque du Canada ne devrait pas hausser ses taux d'intérêt avant l'an prochain, écrit-elle.
« C'est le reflet d'une économie dans laquelle il y a encore du jeu, a dit l'économiste principal de la Banque CIBC, Avery Shenfeld. Quand ce n'est pas le plein emploi, les consommateurs ne sont tout simplement pas capables de pousser les prix en hausse aussi agressivement. Et tant que nous aurons un taux de chômage d'environ 7 %, je pense que les dirigeants canadiens vont surtout s'intéresser à renvoyer les Canadiens au travail, plutôt que de freiner la croissance et l'inflation. »
Les prix de l'énergie ont glissé de 1,2 % en juillet, après avoir reculé de 0,8 % en juin. Sur une base mensuelle désaisonnalisée, l'indice des prix à la consommation a fléchi de 0,1 % en juillet, après avoir reculé de 0,2 % en juin. Les analystes anticipaient une progression de 0,2 %.
« L'inflation donne toujours des signes de faiblesse, et même si on sait que l'inflation principale va augmenter à partir de maintenant pour refléter la hausse des prix de l'essence et des aliments, en général il semblerait que nous sommes dans un environnement de prix plutôt calmes », a dit M. Shenfeld.
L'inflation de base - qui exclut des prix volatils comme ceux de l'énergie et des fruits et légumes frais - s'est appréciée de 1,7 % en juillet, après la hausse de 2 % constatée en juin.