Une travailleuse chinoise dans une usine de Jinjiang, dans la province de Fujian
Photo : AFP/STR
La Chine est-elle un paradis pour les industriels? Ou au contraire un enfer auquel il est difficile d'échapper? Chaque semaine de nouvelles entreprises y délocalisent leur production. Certaines en sont heureuses, d'autres pas du tout.
Louis Garneau Sport fait affaire avec 82 fournisseurs chinois depuis plusieurs années. Le président de l'entreprise, Louis Garneau, explique qu'il n'a pas eu le choix. Il est toutefois très déçu de cette expérience. Il estime même que la puissance industrielle chinoise va rapidement s'étioler en raison de la hausse rapide des salaires et de l'inflation qui pourraient anéantir l'avantage chinois au cours des prochaines années.
La Voilerie Saintonge, une petite entreprise de Québec qui fabrique des voiles personnalisées depuis 35 ans, est par contre très heureuse de son fournisseur chinois. Son président, Jean Saintonge, explique lui aussi qu'il n'a pas eu le choix. C'était la seule façon de sauver son entreprise face à des concurrents qui avaient eux aussi délocalisé leur production.
Le professeur Loïc Tassé, chargé de cours en sciences politiques à l'Université de Montréal, explique que la route de la Chine est parsemée d'obstacles. La culture chinoise est diamétralement opposée à la nôtre. Elle repose sur une série de réseaux d'influence qu'il faut savoir utiliser adéquatement. Et il est important de savoir négocier, car la vie en Chine ressemble souvent à une partie de poker.