Le PDG de Telus, Darren Entwistle (archives)
Photo : PC/Darryl Dyck
L'entreprise de télécommunications Telus s'est opposée mardi à l'achat d'Astral Media par Bell. Elle estime que la concentration « sans précédent » que créerait la transaction dans le marché de la télédiffusion poserait un risque pour les consommateurs canadiens.
Telus craint que si la transaction se réalisait, Bell n'offre « trop de contenu télévisuel en anglais ». Au bout du compte, avance-t-elle, les consommateurs « risquent de subir une hausse des tarifs ».
Telus se rallie ainsi à la vision exposée la semaine dernière par la campagne Dites non à Bell lancée mardi dernier par les PDG de Cogeco, Eastlink et Québecor.
Estimant qu'au terme de la fusion éventuelle, Bell occuperait 49,5 % des parts du marché anglophone incluant les actifs de Maple Leaf Sports and Entertainment TV, Telus a ajouté que « plus de concentration égale moins de choix et une augmentation des prix ».
Bell a rétorqué en après-midi que Telus avait grandement surestimé le potentiel d'auditoire anglophone en comprenant les actifs de MLSE, et estime que cette part de marché s'élèverait plutôt à 33,5 %.
Mardi dernier, Bell avait dénoncé l'offensive conjointe menée par Quebecor, Eastlink et Cogeco, et l'avait qualifiée de « campagne publique de désinformation. »
Selon Bell, l'achat d'Astral lui permettrait de « lutter à armes égales avec l'entreprise de câblodistribution et de médias qui domine depuis longtemps au Québec, Québecor ».
Bell a présenté le 16 mars une offre d'achat de 3,38 milliards de dollars pour acquérir Astral Media. Si elle est approuvée, cette transaction parmi les plus importantes dans le secteur des télécommunications au pays risque de changer le paysage médiatique au Québec.
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui doit donner son accord à la transaction, entamera des audiences publiques à ce sujet à partir du 10 septembre.
Déjà propriétaire du réseau de télévision généraliste CTV et d'une trentaine de chaînes spécialisées, Bell veut notamment renforcer ainsi sa position au Québec face à ses concurrents, en premier lieu Québecor. Astral possède plus de 80 stations de radio à travers le pays, dont les réseaux Rouge FM, Boom FM et NRJ, et 12 chaînes spécialisées, comme Canal D, Canal Vie et TÉLÉTOON.