Une offensive pour contrer l'achat d'Astral par Bell

Pierre Karl Péladeau Pierre Karl Péladeau  Photo :  PC/FRED CHARTRAND

Les PDG de Cogeco, Eastlink et Québecor ont lancé mardi matin une campagne pour éviter que leur concurrent Bell n'achète un autre joueur important de l'industrie des télécommunications, Astral Media. Ils ont exhorté les consommateurs canadiens à faire pression sur Ottawa afin que la transaction soit bloquée.

S'adressant à la presse, ils se sont inquiétés de la trop grande place qu'occuperait Bell dans le paysage médiatique si la fusion avait lieu. Ils croient qu'il en résulterait une réduction de la concurrence à l'échelle nationale et ultimement, une hausse des tarifs aux services de câblodistribution notamment.

Les trois concurrents de Bell estiment notamment que la part d'auditoire télévisée de l'éventuelle entité serait dominante et que la « transaction aurait comme résultat de limiter la création d'émissions canadiennes ».

Le PDG de Québecor, Pierre-Karl Péladeau, a été interrogé sur les motifs de ses préoccupations entourant la concentration médiatique, étant donné la place importante qu'occupe déjà son entreprise dans ce domaine au Québec. Il s'est contenté de répondre qu'à son avis, il existe une saine compétition au Québec. Selon lui, cette question est une « problématique canadienne ».

L'achat d'Astral par Bell est à son avis une « transaction anticoncurrentielle ».

Lettre ouverture dans « Le Devoir »

En plus de rencontrer la presse, les trois entreprises ont acheté de pleines pages de publicité dans de grands quotidiens du pays mardi pour dénoncer la transaction.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications, le CRTC, reçoit jusqu'à jeudi les commentaires sur la vente d'Astral à Bell. Les audiences commenceront le mois prochain.

Bell réplique

Réagissant par voie de communiqué plus tard en après-midi, Bell a dénoncé cette offensive conjointe qu'elle a qualifiée de « campagne publique de désinformation. »

Selon elle, l'achat d'Astral permettrait à Bell de « lutter à armes égales avec l'entreprise de câblodistribution et de médias qui domine depuis longtemps au Québec, Québecor ».

« Bien qu'il soit compréhensible que nos rivaux tentent d'éliminer la menace concurrentielle que représente Bell, les consommateurs sont gagnants lorsque les entreprises innovent, investissent et se font concurrence. » — Mirko Bibic, chef des affaires juridiques et réglementaires chez Bell

L'entreprise estime également qu'« après la transaction, la part d'auditoire nationale de Bell Média sera de 33,5 % pour la télé en anglais et de 24 % pour la télé en français. Ces deux valeurs sont en deçà de la limite de 35 % imposée par le CRTC », a-t-il indiqué.

Bell et Astral en chiffres