Magasin Rona
Photo : PC/Nathan Denette
Invesco Canada, l'un des plus gros actionnaires de Rona, appuie l'offre d'achat faite par la compagnie américaine Lowe's pour le détaillant canadien.
Invesco, qui détient 12 % des actions de Rona, a confirmé mercredi qu'elle était en faveur de l'offre d'achat de 1,76 milliard de dollars de la part de Lowe's, visant l'acquisition de la totalité des actions de Rona au prix unitaire de 14,50 $.
Lowe's disait déjà compter sur l'appui d'actionnaires détenant 15 % des actions de Rona.
Rappelons que le conseil d'administration de Rona a décliné l'offre d'achat de Lowe's. Le gouvernement du Québec s'est porté mardi à la défense de Rona. Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a soutenu que « cette transaction n'apparaît pas être dans l'intérêt du Québec ni du Canada ». Il a également mandaté Investissement Québec pour trouver des moyens de contrer cette tentative d'achat.
La Caisse de dépôt et placement du Québec a aussi annoncé mardi avoir fait l'acquisition de 2 % des actions de Rona, portant à 14,18 % la part des actions ordinaires détenues par la Caisse.
Invesco considère toutefois que l'achat par Lowe's bénéficierait aux actionnaires.
« Nous soutenons l'offre d'achat de Lowe's », a affirmé Ian Hardacre, gestionnaire de fonds chez Invesco Canada, en entrevue au Globe and Mail. Invesco détient des actions de Rona depuis environ 5 ans et en constitue le deuxième plus grand actionnaire, après la Caisse de dépôt et placement du Québec.
« Nous sommes extrêmement déçus de l'équipe de gestion de Rona et la façon dont ils dirigent l'entreprise », ajoute M. Hardacre. « Il y a eu une très mauvaise utilisation du capital au cours des cinq dernières années », poursuit-il.
« Ils ont dépensé plus que le niveau de dépréciation, en construisant des magasins et en achetant des biens, mais il n'y a pas de rendement. Le rendement du capital a diminué année après année », dit-il.

Vers une contre-offre?
Par ailleurs, M. Hardacre ne voit pas de bon oeil une éventuelle stratégie concertée pour bloquer la transaction. « Le conseil d'administration [de Rona] a la responsabilité de représenter tous les actionnaires, pas juste certains d'entre eux. À l'heure actuelle, il ne semble pas aller en ce sens ».
« J'espère que tous respecteront le libre marché, y compris le conseil d'administration. C'est une compagnie qui est détenue par ses actionnaires, pas le gouvernement. J'espère que tous les actionnaires pourront être représentés au sein du conseil d'administration », ajoute-t-il.
Certains jugent qu'une offre plus élevée de la part de Lowe's pourrait faire pencher davantage d'actionnaires en faveur de la transaction.
Dans un rapport paru mercredi, l'analyste Derek Dley, de la firme Canaccord Genuity, juge qu'une offre de 16 $ à 18 $ l'action pourrait séduire les actionnaires et l'équipe de direction, ce qui représente toutefois un montant beaucoup plus élevé que la valeur du titre.
Le titre de Rona s'est apprécié de 10 ¢ à la Bourse de Toronto mercredi, pour clôturer à 13,60 $.
Selon M. Dley, on ne peut que spéculer sur la conclusion d'une transaction entre Rona et Lowe's.
Le détaillant américain a indiqué mardi qu'il souhaitait toujours ardemment conclure une transaction avec Rona et qu'il étudierait toutes les possibilités qui s'offrent à lui.