L'Espagne alimente les craintes des marchés

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Bourse de Madrid Bourse de Madrid (archives)

Les investisseurs continuent à s'inquiéter de la situation de Madrid, malgré l'adoption d'un plan de soutien aux banques espagnoles allant jusqu'à 100 milliards d'euros. Lundi, la Bourse de Madrid a terminé en baisse de 1,1 %, après avoir perdu plus de 5 % à la mi-journée.

Les taux d'emprunts espagnols atteignent de nouveaux sommets, en raison notamment d'informations dans la presse sur les graves difficultés financières de plusieurs régions du pays.

Le ministre de l'Économie espagnol, Luis de Guindos, a une fois de plus écarté un plan de sauvetage du pays. Interrogé lundi par des journalistes dans les couloirs de la chambre des députés pour savoir s'il excluait l'éventualité d'un plan d'aide global pour l'Espagne, il a affirmé : « évidemment ».

Les taux d'emprunt de Madrid sur 10 ans ont dépassé lundi 7,55 % pour la première fois depuis la création de la zone euro, soit un niveau intenable qui a déjà incité la Grèce, l'Irlande et le Portugal à réclamer un plan de sauvetage.

Pour tenter d'enrayer la spéculation, l'Espagne a décidé d'interdire dès lundi et pour trois mois les ventes d'actions à découvert, allant plus loin que l'Italie qui a elle interdit jusqu'à la fin de la semaine les ventes à découvert des valeurs financières.

La récession se creuse

La situation est d'autant plus précaire pour Madrid que deux de ses régions autonomes viennent de solliciter son aide financière et que son économie a reculé de 0,4 % au deuxième trimestre et de 1 % sur un an, d'après les données de la Banque d'Espagne.

Au premier trimestre, la contraction du PIB avait été de 0,3 % et de 0,4 % sur un an. Les chiffres officiels du PIB espagnol seront publiés lundi prochain.

Vendredi, la région de Valence, qui manque de liquidités, a demandé l'aide du gouvernement espagnol. Celle de Murcie a également annoncé dimanche qu'elle sollicitait le soutien de Madrid, qui a mis en place un fonds de 18 milliards d'euros pour aider ses régions autonomes qui ne parviennent plus à se financer sur marchés internationaux.

Selon la presse, les régions de Catalogne, de Castille-La Manche, des Baléares, des îles Canaries ou d'Andalousie pourraient également faire appel à Madrid.

L'euro recule

Les craintes concernant la zone euro s'observent aussi sur le marché des changes. La monnaie unique est passée pour la première fois depuis novembre 2000 sous les 95 yens. L'euro accélérait aussi sa baisse face au dollar américain lundi à 1,2090 $US.

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