Le plan d'aide à l'Espagne approuvé sur fond de manifestations

Des fonctionnaires espagnols manifestent à Madrid. Des fonctionnaires espagnols manifestent à Madrid.  Photo :  AFP/DOMINIQUE FAGET

L'Allemagne approuve l'octroi à l'Espagne d'une aide européenne allant jusqu'à 100 milliards d'euros, alors que les fonctionnaires espagnols manifestent contre l'austérité dans les rues de Madrid.

Sur 583 députés allemands, 473 ont voté pour le plan d'aide, 97 ont voté contre et 13 se sont abstenus.

Le plan d'aide vise à remettre à flot le secteur bancaire de l'Espagne. À la fin juin, le gouvernement espagnol a annoncé que ses banques auraient besoin de 62 milliards d'euros au maximum (80 milliards de dollars), se basant sur les résultats des audits indépendants, tandis que la zone euro a proposé au maximum 100 milliards d'euros (129 milliards de dollars canadiens).

Cette aide approuvée jeudi par les Allemands est troquée contre l'engagement du gouvernement espagnol d'implanter des mesures d'austérité évaluées à 65 milliards d'euros (81 milliards de dollars).

L'âge de départ à la retraite sera progressivement repoussé de 65 à 67 ans, des taxes seront haussées et le gouvernement devra réformer sa fonction publique.

Les fonctionnaires ont déjà vu leurs salaires réduits de 3,5 % à 7 % dans les derniers mois, leurs bonus de Noël ayant été abolis. Ils avaient déjà dû accepter d'autres réductions de salaire au cours des trois dernières années.

Des pompiers espagnols manifestent nus pour protester contre les mesures d'austérité. Des pompiers espagnols manifestent nus pour protester contre les mesures d'austérité.  Photo :  AFP/CESAR MANSO

Répondants aux appels des syndicats, à ceux du mouvement des indignés, ou alertés par les réseaux sociaux, des Espagnols de tous horizons se rassemblent quotidiennement dans la rue, depuis le 11 juillet, en brandissant de petites pancartes avec ce seul mot « NO ».

Jeudi, des pompiers ont manifesté nus à Madrid pour protester contre les mesures d'austérité. « Avec toutes ces compressions, nous nous retrouvons tout nus », pouvait-on lire leur affiche.

Depuis le début de la semaine, les serviteurs publics espagnols profitent de leur pause café pour protester devant les bureaux du Parti populaire dans la capitale. Le parti, traditionnellement proche des travailleurs, a utilisé sa majorité au Parlement pour faire approuver les mesures d'austérité. « Haut les mains, ceci est un cambriolage! », scandent-ils.

« Nous devons faire du bruit, parce qu'ils se moquent de nous et de tous les travailleurs. » — Iria, 34 ans, vérificatrice au Trésor

« Nous représentons 2 millions et demi de votes! J'espère qu'ils pensent à ça », dit pour sa part Jose Luis Martinez, un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur de 52 ans.

En soirée, des dizaines de rassemblements se sont tenus dans les villes espagnoles. À Madrid, les policiers ont dispersé la foule en tirant sur les manifestants avec des balles en caoutchouc à la fin de la grande manifestation contre le plan de rigueur du gouvernement.

Les manifestants ont répondu en lançant divers objets, notamment des bouteilles, tandis qu'une épaisse fumée s'élevait des poubelles en plastique incendiées dans le centre de la capitale.

Sur les marchés, jeudi, l'Espagne a continué de susciter de vives inquiétudes. Le pays a emprunté près de 3 milliards d'euros à des taux en hausse par rapport aux dernières émissions similaires. Les taux sont de 5,204 % sur 2 ans contre 4,335 % le 7 juin, 6,459 % sur 5 ans contre 6,072 % le 21 juin et 6,701 % sur 7 ans contre 4,832 % le 16 février.

Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a reconnu il y a quelques semaines que le pays ne pouvait pas continuer « longtemps à se financer » aux taux que lui imposent en ce moment les marchés.

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