L'économie canadienne au ralenti

Mark Carney Le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney

L'économie canadienne est en ce moment soutenue essentiellement par les dépenses des consommateurs et les investissements des entreprises, la demande extérieure faible ayant pesé sur la croissance des exportations du pays, évalue la Banque du Canada.

Les exportations souffrent de la détérioration de la situation économique mondiale depuis le mois d'avril, à cause du ralentissement de l'économie américaine et surtout de la crise en Europe, a expliqué le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, en présentant mercredi son rapport sur la politique monétaire.

La banque centrale a déjà annoncé hier qu'elle révisait à la baisse ses prévisions de croissance pour l'économie canadienne à 2,1 % pour cette année. En avril, l'institution tablait sur une progression de 2,4 % du PIB. La Banque du Canada annonçait que dans ce contexte, elle maintenait son taux de financement à un jour à 1 %. C'était la quinzième fois de suite qu'il reconfirmait ce taux depuis 2010.

Mark Carney croit en la capacité des Européens de contenir la crise

Les prévisions de la banque par rapport à l'économie mondiale s'appuient sur un scénario selon lequel la crise européenne continuera d'être « contenue », cela en dépit des signes d'une « nouvelle contraction ».

Cette hypothèse ne relève pas d'un « voeu pieux », s'est défendu Mark Carney. Un scénario d'endiguement de la crise en Europe « met la barre assez bas », dit le gouverneur, qui rappelle que les autorités européennes ont annoncé des mesures pour renforcer l'union monétaire et « acheter du temps ».

« Dans les faits, il n'y a pas de changements majeurs à la structure de l'union monétaire en Europe - ce qui aurait des conséquences importantes sur l'économie canadienne », dit-il.

Le principal défi pour le Canada

Le plus grand défi auquel fait face le Canada dans le contexte actuel réside dans l'évolution des produits de bases. Les cours des matières premières ont baissé au cours des derniers mois et ils devraient continuer de le faire, estime Mark Carney.

Pour remédier à la situation à long terme, le gouverneur de la banque centrale préconise que l'économie canadienne se réoriente vers les pays émergents, puisqu'en ce moment, la demande pour les produits de bases canadiens se trouve principalement dans les pays dont la croissance est faible, comme les États-Unis. « Un des messages que la banque tente de faire passer est que l'on peut s'attendre à ce que la croissance de ces pays continue d'être faible pendant un certain temps », dit le gouverneur.

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