RIM sollicite la patience de ses actionnaires

Les explications de Sébastien St-François

La direction de Research in Motion (RIM) mise sur un BlackBerry 10 qu'elle promet extraordinaire pour rassurer les actionnaires, tout en annonçant la fermeture de la majorité des sites de fabrications du téléphone intelligents.

Le plan de réingénierie de RIM comprend la fermeture de 7 sites de fabrication sur 10, a précisé la direction de l'entreprise canadienne lors de l'assemblée annuelle des actionnaires, mardi à Waterloo, en Ontario.

L'entreprise a déjà annoncé l'élimination de 5000 emplois, en plus de dévoiler des pertes record en juin dernier. Le PDG de RIM, Thorsten Heins, a expliqué aux actionnaires rassemblés à Waterloo que ces mises à pied sont « extrêmement difficile », mais qu'elles sont aussi « critiques pour l'avenir de l'entreprise », dans un contexte où de nouvelles pertes sont toujours à prévoir lors des deux prochains trimestres.

Les ventes du BlackBerry chancellent depuis les derniers mois, et la mise en marché de la dernière technologie, le BlackBerry 10, considéré par plusieurs comme un ultime effort de RIM pour sauver la mise, a été reportée à 2013.

Un actionnaire s'est d'ailleurs plaint en assemblée du fait que « l'on parle du BlackBerry 10 depuis un an », mais que l'on ignore toujours ce que cette technologie permettra de faire. M. Heinz lui a répondu que cela doit demeurer un secret pour l'instant, non pas pour des questions monétaires, mais parce que l'entreprise a encore besoin de temps pour développer sa nouvelle technologie.

Le BlackBerry 10 doit être lancé au premier trimestre de l'an prochain. RIM prévoit livrer ses nouveaux appareils aux fournisseurs de service cellulaire au début de janvier, mais les tests que ceux-ci doivent effectuer peuvent ensuite prendre de 5 à 12 semaines.

Le chef de la direction de Research in Motion dit qu'il ne commercialisera pas la nouvelle génération de BlackBerry « avant qu'elle ne représente une expérience extraordinaire pour les utilisateurs ».

Thorstein Heins a aussi expliqué que le premier modèle de la génération BlackBerry 10 sera entièrement tactile, pour « répondre aux problèmes de RIM dans le marché américain et canadien ». Le premier modèle BlackBerry 10 avec clavier ne sera commercialisé que par la suite.

Un message optimiste

Le directeur du marketing de RIM, Frank Boulben, a cherché à apaiser les craintes des actionnaires. « Le message, c'est que nous les écoutons, que nous partageons leurs inquiétudes et que nous faisons tout pour optimiser la valeur pour eux dans le long terme. Ça passe par des changements assez radicaux », dit-il.

Le directeur rappelle que non seulement lui, mais aussi le directeur des ventes et le directeur des opérations sont nouveaux au sein de l'équipe de direction de RIM. Le PDG de l'entreprise lui-même, Thorsten Heins, n'est en poste que depuis janvier, et l'assemblée générale d'aujourd'hui est la première à laquelle il assiste en tant que président-directeur général.

« D'un point de vue financier, nous avons une position saine en termes de liquidité, nous n'avons pas de dettes, nous allons augmenter notre flexibilité financière [avec un] programme de réduction de coûts, et nous sommes en croissance dans tous les pays, sauf les USA. » — Frank Boulben, directeur du marketing de RIM

Contrairement à de nombreux analystes, Frank Boulben voit un potentiel de croissance énorme pour le BlackBerry, une vision partagée par Thorsten Heins, qui considère l'Asie-Pacifique, l'Amérique latine et le Moyen-Orient comme des marchés d'avenir pour RIM.

L'action se négocie en ce moment entre 7 $ et 8 $. Elle a perdu 95 % de sa valeur depuis son sommet historique de 2008, époque à laquelle elle s'échangeait à 148 $.

Le PDG de RIM, Thorsten Heins, à l'assemblée générale des actionnaires à Waterloo, le 10 juillet 2012. Le PDG de RIM, Thorsten Heins, à l'assemblée générale des actionnaires à Waterloo, le 10 juillet 2012.  Photo :  PC/Dave Chidley

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