Le président du conseil d'administration de la Banque Barclays, Marcus Agius, en janvier 2009.
Photo : AFP/PIERRE VERDY
Le président du conseil d'administration de Barclays, Marcus Agius, quitte son poste moins d'une semaine après que la banque britannique eut écopé d'amendes records pour des tentatives de manipulation de taux interbancaires.
L'action de Barclays, une des quatre grandes banques du Royaume-Uni, s'est effondrée en bourse la semaine dernière après que l'affaire eut éclaté au grand jour. Les appels à la démission du patron de Barclays se sont ensuite multipliés. Surnommé « le banquier aux 100 millions de livres », il est considéré au pays comme le symbole des dérives de la finance.
« Les événements de la semaine dernière ont mis en évidence des comportements inacceptables au sein de la banque et ont porté un coup dévastateur à la réputation de Barclays. Nos clients, employés et actionnaires ont été déçus et j'en suis sincèrement désolé », a déclaré M. Agius par voie de communiqué publié lundi.
Barclays a annoncé mercredi dernier qu'elle s'engageait à payer un total de 463 millions de dollars canadiens pour mettre fin aux enquêtes menées par les autorités boursières britannique et américaine sur des tentatives de manipulation des taux Libor et Euribor.
Ces taux servent de référence mondiale dans l'établissement des taux d'intérêt appliqués aux prêts que se consentent quotidiennement les banques entre elles. Ils ont ainsi un impact direct sur les taux d'intérêt exigés des emprunteurs, que ce soient des particuliers ou des entreprises.
Le gouvernement britannique a annoncé samedi que le fonctionnement du taux interbancaire Libor fera l'objet d'une étude indépendante. « Nous devons réfléchir à ce qu'il convient de faire pour que le Libor fasse l'objet d'une réglementation adéquate à l'avenir », a expliqué le secrétaire d'État au Trésor, Mark Hoban, sur les ondes de la BBC.
Les conclusions sont attendues d'ici la fin de l'été et permettront de faire « les changements [législatifs] nécessaires pour que les gens aient confiance dans le Libor et soient sûrs qu'il y ait des sanctions pénales si des courtiers essaient de manipuler le Libor à l'avenir », a-t-il ajouté, alors que les autorités boursières des deux côtés de l'Atlantique laissent entendre que les courtiers de nombreuses institutions financières auraient pris part à ces manipulations.
Le directeur général de Barclays, l'Américain Bob Diamond, a par ailleurs été convoqué devant une commission parlementaire britannique pour s'expliquer.