Un Q400 de Bombardier (archives)
Des compagnies aériennes et les avionneurs font lundi la promotion d'une aviation moins polluante, en marge de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, qui aura lieu du 20 au 22 juin à Rio de Janeiro. L'initiative, dont fait partie l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), consiste en la toute première série de vols de correspondance utilisant des biocarburants.
Le vol, qui se fera en quatre étapes, transportera le secrétaire général de l'OACI, Raymond Benjamin, de Montréal à Rio de Janeiro. C'est d'abord dans un avion fabriqué par Bombardier, le Q400, que Porter Airlines transportera M. Benjamin, de Montréal à Toronto. Air Canada prendra ensuite la relève de Toronto à Mexico, remplacée par Aeromexico de Mexico à São Paulo, puis par GOL, de São Paulo à Rio de Janeiro.
Pour voler, les avions utiliseront un mélange de carburant traditionnel et de différents biocarburants, dérivés de plantes oléagineuses ou d'huile à cuisson usée.
Au même moment auront lieu également le premier vol d'essai de biocarburant d'Azul Airlines et d'Embraer, qui utilisera un mélange de carburant à base de canne à sucre, ainsi qu'un autre vol au biocarburant en provenance d'Europe.
En avril, Porter Airlines avait effectué avec succès un premier vol commercial propulsé par biocarburant, le premier au Canada, qui s'était rendu de l'aéroport du centre-ville de Toronto jusqu'à Ottawa. Lundi marque par ailleurs pour Air Canada son premier vol du genre.
Ces essais sont déjà toutefois nettement plus avancés en Europe, où déjà des vols commerciaux utilisant des biocarburants sont effectués. La compagnie aérienne néerlandaise KLM a lancé en septembre dernier sa première ligne régulière, effectuant la liaison Paris-Amsterdam, dont les moteurs sont alimentés en partie avec du biocarburant. La Lufthansa a aussi fait voler avec du biocarburant, pour une période d'essai de six mois, l'un de ces avions sur la liaison Hambourg-Francfort en 2011.
Du bonbon pour l'environnement
Selon Bombardier, l'avion Q400 consomme déjà de 30 à 40 % moins de carburant et génère de 30 à 40 % moins d'émissions de gaz à effet de serre qu'un avion de capacité similaire.
Quant à Air Canada, elle affirme elle aussi que le vol de lundi permettra une réduction d'au moins 40 % des émissions produites normalement par un vol alimenté au kérosène.
Avec des consommateurs toujours plus préoccupés par l'écologie et des compagnies aériennes qui tentent de réduire leurs frais, l'avenir de l'aviation semble passer notamment par la voie du biocarburant. L'Association internationale du transport aérien (IATA) estime d'ailleurs qu'en 2050, de 14 à 35 % des avions voleront au biocarburant.
Actuellement, selon les chiffres de l'IATA, 2 % du CO2 émis dans le monde, soit entre 630 et 650 millions de tonnes, provient de l'aviation.