La prudence financière l'ayant bien servi jusqu'à présent, le Canada veut continuer à suivre cette ligne pour rester loin des tribulations financières mondiales, selon le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.
En entrevue avec l'animateur de RDI Économie, Gérald Fillion, Mark Carney n'a pas parlé aussi directement de prudence, mais tous ces propos laissent entendre que le Canada compte continuer de naviguer lentement mais sûrement dans les eaux internationales.
Abordant la question de la politique monétaire canadienne, M. Carney a notamment expliqué qu'elle est intimement liée à la situation internationale, et qu'une révision de celle-ci ne peut se faire sans prendre en compte la situation économique extérieure au pays.
Ainsi, M. Carney précise que, même si les tendances économiques au pays demeurent sensiblement les mêmes que ce qui était prévu par la Banque du Canada, la détérioration des conditions financières mondiales, menée par l'Europe, a influencé le maintien la semaine dernière du taux directeur à 1 %, au contraire de ce qui était attendu par les analystes. Ce taux est en vigueur depuis septembre 2010.
L'Europe doit trouver des solutions
Pour ce qui est de l'Europe, Mark Carney est catégorique et pense que les autorités européennes doivent, en plus de mettre en oeuvre une multitude de réformes structurelles et budgétaires, créer une union bancaire, comme l'a déjà suggéré Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne.
M. Draghi a en effet plusieurs fois plaidé pour une mutualisation des ressources des banques européennes afin de pouvoir leur fournir au besoin un soutien qui ne proviendrait pas des États.
Le gouverneur général de la Banque du Canada croit donc, comme son homologue européen, que les autorités européennes doivent commencer à couper les ponts entre les dettes souveraines et les problèmes des banques.
« Ça, c'est un des avantages d'une union bancaire, comme ici au Canada. La santé d'une banque canadienne n'est pas une question provinciale. C'est surtout une question nationale fédérale », dit-il.
Et, selon lui, l'aide financière de 100 milliards d'euros que la zone euro accordera à Madrid pour recapitaliser les banques espagnoles est un pas dans la bonne direction.