Le siège social de Bankia, à Madrid.
Photo : AFP/PIERRE-PHILIPPE MARCOU
L'Espagne demandera l'aide de la zone euro pour recapitaliser ses banques, et les pays de l'Union monétaire acceptent de la soutenir, a confirmé le ministre espagnol des Finances, à l'issue d'une téléconférence avec ses homologues de l'Eurogroupe, samedi.
La zone euro a convenu de prêter jusqu'à 100 milliards d'euros (129 milliards de dollars) à l'Espagne, selon un communiqué de l'Eurogroupe.
Cette aide devra aller de pair avec un assainissement du secteur financier espagnol.
Toutefois, comme le souhaitait Madrid, la zone euro ne va pas imposer au gouvernement espagnol un nouveau plan d'austérité en contrepartie de son aide, précise le ministre Luis De Guindos. Elle juge que l'Espagne a déjà mis en place plusieurs mesures d'austérité pour réduire ses déficits publics.
L'aide se limitera aux banques les plus à risque. Selon le ministre De Guindos, nombreuses sont celles qui ne nécessitent pas d'aide extérieure.
Madrid attend les résultats d'audits afin d'avoir une idée plus claire des besoins de ses établissements. Les premières conclusions de ces évaluations doivent être rendues d'ici au 21 juin.
L'aide sera fournie par le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité. Le Fonds monétaire international (FMI) a été invité à superviser la mise en oeuvre de cette aide.
Selon les estimations du FMI, les banques espagnoles ont besoin d'au moins 40 milliards d'euros (51 milliards de dollars) pour se recapitaliser. Bankia, la quatrième banque du pays, a déjà demandé à l'État 23,5 milliards d'euros (30 milliards de dollars) à elle seule.
Le gouvernement espagnol tente de consolider son secteur bancaire et de relancer le crédit nécessaire pour ranimer son économie en récession, alors que le chômage dépasse les 24 %.
Plusieurs pays ont salué la décision de l'Espagne de demander une aide à ses partenaires de la zone euro. Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, a évoqué un pas important en direction d'une union financière, tandis que Wolfgang Schaüble, ministre allemand des Finances, a déclaré que Madrid prenait d' « importantes mesures » pour remettre en ordre ses problèmes économiques et financiers.
Le ministre des Finances français, Pierre Moscovici, a pour sa part vu dans la décision de l'Espagne « un signal très fort de solidarité ».