Locomotives du Canadien Pacifique à l'est de Vancouver
Photo : PC/Darryl Dyck
Les entreprises qui dépendent du Canadien Pacifique (TSX:CP) pour transporter leurs produits à travers le pays cherchent des solutions de rechange, alors que 4800 employés de la compagnie ferroviaire entament leur troisième journée de grève.
CP a suspendu toutes ses expéditions de fret après que ses travailleurs représentés par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada eurent amorcé leur débrayage, mercredi matin.
Cette mesure touche notamment les industries du pétrole, du charbon, de l'automobile, de l'engrais et du bois.
Cenovus Energy Inc (TSX:CVE) expédie environ 2000 barils de pétrole par jour depuis ses installations à Bakken, en Saskatchewan.
Même si cela ne correspond qu'à une fraction de sa production quotidienne, qui s'élevait à 156 850 barils lors du dernier trimestre, la société dit avoir ressenti l'effet de la grève.
Sa porte-parole, Jessica Wilkinson, a toutefois déclaré jeudi que Cenovus s'affairait présentement à trouver des pipelines pour acheminer son pétrole et qu'elle était convaincue d'y parvenir.
Le consultant en transport Tom Maville, qui travaille pour l'Institut canadien des engrais, a pour sa part affirmé que les producteurs d'engrais n'avaient pas autant d'options que les pétrolières.
L'an dernier, 28 millions de tonnes d'engrais ont été produites au Canada et la majorité a été transportée jusqu'aux marchés par train.
Sur ce lot, environ 8 millions de tonnes de potasse provenant de 10 mines en Saskatchewan ont été envoyées au port de Vancouver grâce aux voies ferrées du Canadien Pacifique.
« On ne peut pas transporter autant de potasse par camion », a indiqué M Maville.
Les trains de potasse peuvent s'étirer sur plus de deux kilomètres. Il faudrait deux camions et demi pour transporter le chargement d'un seul wagon, selon Tom Maville.
« On aurait besoin de milliers de camions qui devraient en plus être adaptés à ce type de transport. Il ne sont tout simplement pas disponibles », a-t-il ajouté.
De plus, le consultant a révélé que les capacités de stockage des mines et des ports étaient limitées, surtout en cette saison.
La Saskatchewan veut qu'Ottawa intervienne
La ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt,
Photo : PC/Fred Chartrand
Le ministre de l'Énergie et des Ressources de la Saskatchewan, Bill Boyd, a écrit une lettre jeudi à la ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, l'exhortant à mettre rapidement un terme à la grève.
« Sans cette connexion, les emplois et les investissements sont menacés, tout comme notre réputation de fournisseur de produits de qualité fiable. »
Mme Raitt s'est dite prête à déposer un projet de loi forçant le retour au travail dès lundi si les deux parties n'arrivaient pas à s'entendre.
Dans une entrevue avec Business News Network, la ministre a déclaré qu'elle évaluerait la situation lundi afin de décider si elle devait s'en mêler ou non.
« Nous ne savons pas actuellement quel genre d'impact cela aura sur l'économie. Nous pouvons voir qu'il y a des expéditeurs qui cherchent des solutions de rechange afin d'envoyer leurs marchandises et que d'autres personnes ont des chargements prêts à être expédiés », a-t-elle dit.
« Alors, ça dépend combien de temps ces tierces parties pourront tenir pendant que les deux autres parties sont à la table des négociations. Si nous voyons qu'il y a un déséquilibre, nous sommes préparés et nous pouvons agir rapidement. Mais pour le moment, ils doivent essayer de conclure leur entente. »
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) estime qu'une intervention du gouvernement fédéral serait inacceptable et que le conflit devrait être résolu seulement par la négociation.
Des travailleurs du Canadien Pacifique en grève.
Photo : PC/Jeff McIntosh
