Quelque 5000 travailleurs du transporteur ferroviaire Canadien Pacifique (CP) sont en grève depuis minuit, affectant l'acheminement de marchandises un peu partout au pays et certaines liaisons de train de passagers. Ottawa a rapidement réagi en menaçant les travailleurs d'une loi spéciale pour forcer un retour au travail.
Le syndicat des Teamsters Canada, qui représente les employés du CP, a indiqué que les deux parties n'avaient pas été en mesure de s'entendre malgré la poursuite des pourparlers. Ceux-ci doivent reprendre mercredi.
Douglas Finnson, vice-président de la Conférence ferroviaire Teamsters Canada (CFTC), a indiqué que les principales questions à régler touchaient les régimes de retraite, certaines règles de travail et la gestion de la fatigue.
L'arrêt de travail fait cesser l'acheminement de grain, d'engrais, de charbon et d'autres marchandises que le CP transporte le long d'un réseau de près de 24 000 kilomètres de rail au Canada et aux États-Unis.
Via Rail, qui utilise le réseau du CP, a par ailleurs averti ses passagers que certains trajets de train en Ontario sont touchés par la grève. Les liaisons entre Toronto et Sarnia, Aldershot et Ottawa se feront en partie en autocar, a indiqué le transporteur. Même situation pour le transport entre White River et Sudbury.
Ottawa prêt à agir « dans l'intérêt de l'économie »
La ministre du Travail, Lisa Raitt
La ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, s'est dite déçue du déclenchement de la grève. Elle estime que la meilleure solution à ce conflit de travail est une entente négociée, mais affirme du même souffle que le gouvernement est prêt à intervenir en raison des impacts négatifs sur l'économie.
Si le conflit se prolonge, il en coûtera 500 millions de dollars par semaine à l'économie canadienne, a estimé la ministre, en plus de menacer des milliers d'emplois.
« Je suis déçue que les parties n'aient pas réussi à s'entendre malgré l'aide du gouvernement fédéral et que la CFTC ait cru nécessaire d'entamer des mesures de grève », a déclaré la ministre Raitt dans un communiqué.
La ministre Raitt a avisé mercredi matin les parlementaires qu'un projet de loi sera présenté à la Chambre des communes afin de forcer le retour au travail des employés du CP si le conflit se prolonge.
Depuis un an, Ottawa a utilisé ce type de loi pour forcer le retour au travail des employés de Postes Canada, ainsi que des mécaniciens, bagagistes et autres travailleurs au sol d'Air Canada.
Le service de trains de banlieue maintenu
La compagnie avait prévenu que les services de trains de banlieue de Montréal, Toronto et Vancouver pourraient être touchés par une grève, mais M. Finnson a affirmé dans un courriel que les deux parties étaient parvenues à une entente à ce sujet, mardi après-midi.
L'Agence métropolitaine de transport (AMT) a informé sa clientèle qu'elle maintenait son service de trains de banlieue sur les lignes Blainville-Saint-Jérôme, Candiac et Vaudreuil-Hudson selon l'horaire régulier et complet.
L'AMT a précisé avoir reçu la confirmation de la part du CP et de la CFTC qu'ils continueraient de maintenir l'exploitation des trains de banlieue, même en cas de grève.
Par ailleurs, le syndicat n'a pas encore rencontré Stephen Tobias, chef de la direction par intérim du CP, a affirmé M. Finnson.
M. Tobias s'est retrouvé à la tête du CP il y a moins d'une semaine, après que des actionnaires mécontents de la performance du transporteur eurent obtenu le départ de Fred Green, jusque-là président et chef de la direction de la compagnie.