Zone euro : inquiétudes persistantes sur l'avenir de la Grèce

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Zone euro  Photo :  PC

L'échec de la formation d'un gouvernement de coalition en Grèce et la tenue incessante de nouvelles élections ravive les inquiétudes concernant la possible sortie du pays de la zone euro.

Même la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a évoqué mardi à Paris la possibilité d'une « sortie ordonnée » de la Grèce de la zone euro si les engagements de la Grèce envers le plan de sauvetage mis en place par le FMI et les pays européens n'étaient pas tenus.

« C'est quelque chose qui serait extraordinairement coûteux et qui présenterait de grands risques, mais ça fait partie des options qu'on est obligé de regarder techniquement », a-t-elle affirmé.

En Allemagne, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a déclaré que l'échec d'un gouvernement de coalition en Grèce était « un revers sévère pour la confiance urgemment nécessaire en la capacité de réforme de la Grèce ». Selon M. Westerwelle, il est nécessaire de mettre en place des réformes « difficiles et douloureuses » en Grèce, une option qui ne permet « pas d'alternative ».

Le ministre a toutefois tenu à préciser son désir de voir la Grèce rester dans la zone euro, répétant en cela le soutien que les pays membres de la zone euro ont accordé à la Grèce lundi soir, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances des 17 à Bruxelles.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a ainsi réaffirmé « l'intention inébranlable de conserver la Grèce » dans la zone, qualifiant cette idée de sortie de « propagande ».

« La possibilité que la Grèce sorte de la zone euro n'a pas été l'objet de débat, personne n'a plaidé dans ce sens. [...] Je n'aime pas la façon dont certains menacent la Grèce jour après jour, ce n'est pas une manière de traiter des amis et citoyens dans l'Union européenne », a-t-il encore souligné.

M. Juncker a ainsi évoqué une possible prolongation des délais de mise en oeuvre du plan de sauvetage de la Grèce et de la mise en place des mesures d'austérité qui lui sont demandées, alors que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a de son côté écarté tout assouplissement du plan de réformes demandé à Athènes.

Récemment, plusieurs dirigeants européens, perdant patience devant l'incertitude grecque, avaient tenu des propos pouvant laissant entrevoir un certain désir de voir la Grèce mise de côté. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a entre autres haussé le ton la semaine dernière, lançant que la Grèce devait choisir si elle voulait demeurer dans la zone euro ou non.

L'euro plonge

Par ailleurs, au niveau strictement économique, l'impossibilité d'arriver à la formation d'un nouveau gouvernement grec a fait chuter lourdement l'euro mardi, tombé sous le seuil de 1,28 $ pour la première fois depuis quatre mois.

Alors que certains analystes notaient que cet échec constitue un risque de plus vers une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, que certains notaient que les Grecs semblent en majorité favorables à l'euro et qu'une sortie paraît peu probable dans l'immédiat, d'autres soulignaient que le marché ne cédait pas pour autant à la panique et que la chute de l'euro devrait rester limitée.