Un fournisseur de service d'entretien en aéronautique, Phoenix Aerospace, souhaite acheter en partie ou en totalité les activités d'Aveos.
L'entreprise québécoise, qui tient ses activités à Dorval, dit disposer d'un personnel de près de 90 employés à temps plein comme à temps partiel.
Le président de l'entreprise, Serge Prévost, mentionne par voie de communiqué qu'il est disposé à embaucher « plusieurs dizaines de techniciens licenciés d'Aveos, à court terme, si elle devait hériter, notamment, du contrat de parachèvement de remise à neuf d'un Airbus 320 d'Air Canada ».
M. Prévost plaide qu'il faut conserver ces emplois au Québec. « Quand on regarde au niveau de la Défense nationale, ces avions-là étaient faits à Montréal dans nos hangars, c'était le gagne-pain de mes travailleurs durant l'été [...] Aujourd'hui ça va être fait où? En Allemagne? », demande-t-il.
Phoenix Aerospace avance posséder une reconnaissance internationale qui lui permet de « procéder aux travaux et à la certification de ceux-ci sur les appareils gros porteurs comme de moindre envergure appartenant à des sociétés aériennes américaines et européennes ».
L'entreprise opère dans des hangars d'Air Creebec, à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau et dans les installations d'opérateurs ou de compagnies aériennes qui font l'entretien de leurs propres flottes d'aéronefs.
Le fournisseur dit avoir fait ce choix après avoir dû mettre sur la glace un projet d'expansion requérant un investissement de 40 millions de dollars pour construire de nouveaux hangars. Phoenix Aerospace explique qu'elle n'a pas réussi à obtenir des financements acceptables pour parachever ce projet « dans le contexte de morosité et d'incertitude qui s'est installé sans motifs objectifs rationnels dans la foulée de la déconfiture d'Aveos ».
M. Prévost admet qu'il aurait besoin de subventions pour acquérir Aveos, mais ne donne aucun montant. Les activités d'Aveos représenteraient, selon les estimations, plusieurs centaines de millions de dollars.
Le syndicaliste Jean Poirier sceptique
Le représentant du syndicat des ex-employés d'Aveos, Jean Poirier, doute de la crédibilité des ambitions de Phoenix Aerospace.
« On sait que les gouvernements vont investir massivement par le biais de subventions et d'autres supports », souligne par ailleurs le professeur en management et technologie à l'UQAM Mehran Ebrahimi. « Donc, il y a beaucoup d'entreprises qui flairent un peu les subventions et l'argent et elles se lancent dans la course ».
Pendant ce temps, des négociations se poursuivent avec une vingtaine d'entreprises qui pourraient être repreneurs d'Aveos, dont Lufthansa Technique, en Allemagne, mais aussi Air France Technique ou American Airlines, aux États-Unis.
Solutions temporaires pour Air Canada
Vendredi matin, Air Canada a annoncé que deux entreprises québécoises hériteront d'une partie des contrats d'entretien de ses avions qui étaient accordés à Aveos avant sa faillite, le mois dernier. Ces firmes, Avianor et Premier Aviation, obtiennent les contrats d'entretien de 50 avions en tout, soit la capacité maximale qu'elles peuvent assumer.
D'autres firmes, dont Premier à New York, Aeroframe et TIMCO, aux États-Unis, ST Aerospace à Singapour et Lufthansa Technik en Irlande se partageront les contrats pour 60 autres avions.