L'édifice du Fonds monétaire international (à droite) et celui de la Banque mondiale (à gauche), à Washington
Photo : AFP/Tim Sloan
Les pays du G20 se sont engagés vendredi à augmenter les ressources financières du Fonds monétaire international (FMI) de plus de 430 milliards de dollars. Cet accord double la capacité de prêt du FMI.
Selon un communiqué publié par les ministres des Finances du groupe, le total des « engagements fermes » des États membres du FMI atteignait ce chiffre. De plus, certains pays, notamment la Russie, l'Inde, la Chine et le Brésil, se seraient engagés en privé, mais ne feraient pas d'annonce publique avant d'avoir discuté avec les autorités de leurs capitales respectives.
La directrice générale de l'institution, Christine Lagarde, s'attendait à ce qu'un accord concernant le financement de son organisation soit conclu ce week-end lors des réunions du FMI, de la Banque mondiale et des ministres des Finances des pays du G20, qui se tiennent à Washington.
Le FMI espérait amasser 400 milliards de dollars, pour lutter notamment contre la crise de l'euro. C'est 200 milliards de moins que le montant demandé en janvier. Le Fonds a revu à la baisse ses attentes entre autres parce que son principal actionnaire, les États-Unis, refuse de bonifier sa contribution.
Les pays européens et le Japon avaient déjà accepté de verser 320 milliards de dollars au FMI.
Jeudi, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a rappelé une fois de plus que la zone euro restait « l'épicentre du risque potentiel » pour une reprise économique mondiale « timide et fragile ».
« Les pays doivent prendre des mesures », a mentionné Mme Lagarde à Bloomberg Television. « Je suis responsable d'améliorer la stabilité et j'ai besoin d'un parapluie, a-t-elle ajouté, au cas où les nuages amènent une pluie indésirable. »
Encadrer le pouvoir de l'Europe au FMI
Avec le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, le Canada est des pays qui estiment que l'influence européenne est trop grande sur le Fonds, qui est de surcroît dirigé par une Française.
Ottawa réclame deux photos sur l'utilisation des ressources du FMI: l'un par les pays de la zone euro et l'autre par les autres membres du Fonds. L'objectif, a expliqué le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, est d'éviter que les pays européens soient juge et partie dans les sujets sur la zone euro.
Comme les États-Unis, le Canada ne prévoit pas verser plus d'argent au FMI.